Face à l'inflation, un francophone sur deux a déjà adapté sa consommation alimentaire

Face à la hausse des prix, les Belges francophones font des économies dans les voyages, les loisirs, l'habillement et l'alimentation.

La Libre Eco avec Belga
La moitié des francophones disent être très inquiets face à l'augmentation des coûts.
La moitié des francophones disent être très inquiets face à l'augmentation des coûts. ©Shutterstock

Un peu plus de la moitié des Belges francophones (52 %) ont déjà mis en place des adaptations dans leur alimentation, ressort-il de l'Observatoire de la consommation alimentaire de l'Agence pour une agriculture de qualité (Apaq-W) présenté jeudi à Bovesse (Namur). Globalement, la moitié des francophones disent être très inquiets face à l'augmentation des coûts. Cette inquiétude se traduit par la volonté - ou la nécessité - de faire des économies dans différents domaines : à commencer par les voyages (61 % des sondés), la culture et les loisirs (60 %) et l'habillement (59 %). L'alimentation n'arrive qu'en septième position, mais est tout de même citée par 36 % des répondants et répondantes.

D'ailleurs, 52 % de l'échantillon représentatif de 500 personnes interrogées en avril disent en fait avoir déjà adapté leurs habitudes: soit en achetant des produits en réduction, en n'achetant que l'essentiel, en achetant moins, en n'achetant pas de produits coûteux ou en se concentrant sur les marques distributeurs.

Elles sont à peu près la même proportion à penser que les prix vont continuer leur hausse. Dans ce contexte, les critères auxquels les consommateurs accorderont le plus d'importance sont: les promotions et les réductions, les prix et le choix du point de vente, tandis que le caractère bio de l'aliment aura moins d'impact sur le choix, selon l'étude. Globalement, les francophones mettent la priorité sur les comportements permettant de renforcer leur pouvoir d'achat, parfois au détriment de comportements tournés vers l'écologie et la préservation de l'environnement, note-t-on.

Consommateurs engagés

En effet, l'Observatoire s'est également intéressé aux engagements que les consommateurs estiment prioritaires pour le secteur alimentaire. Si la limitation du gaspillage et la consommation de produits de saison arrivent en tête, la lutte contre le réchauffement climatique, le soutien au développement de la biodiversité ou encore l'assurance d'une rémunération juste des producteurs ne sont à prioriser que pour moins de 30 % des répondants.

En outre, bien que la tendance ne puisse encore être quantifiée par des données objectivables, la fréquentation des points de vente locaux, style "à la ferme", est en berne. "Le retour du terrain qu'on a, c'est de 15 à 25 % de fréquentation en moins qu'avant la crise du Covid", alerte Marianne Streel, la présidente de l'Apaq-W. "On fait tous les mêmes observations", abonde le ministre wallon de l'Économie et de l'Agriculture, Willy Borsus. Le message que le gouvernement régional veut marteler, c'est "que les circuits-courts ont été là pendant les périodes de difficultés, il ne faut pas les oublier", rappelle-t-il.

Mais si la clientèle délaisse ces points de ventes, il faut également élargir les canaux de distribution des produits locaux, estime le directeur de l'Apaq-W, Philippe Mattart. "Il est important d'élargir la notion de circuit-court." Mettre en contact les producteurs wallons avec la grande distribution, notamment via les franchisés, peut être un vecteur de développement du marché local, relève-t-il.

Les journées "fermes ouvertes" des 25 et 26 juin prochains seront une occasion de recréer le lien, fragilisé par la conjoncture actuelle, entre les consommateurs et les producteurs locaux.

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