Les mesures de report de paiement des crédits hypothécaires dans le cadre de la crise du coronavirus peuvent cacher des coûts supplémentaires, prévient mercredi l'organisation de défense des consommateurs Test Achats.

 Elle souligne qu'un tel report de paiement n'est pas forcément intéressant pour tout le monde. Les personnes qui sont temporairement dans l'incapacité de rembourser leur prêt hypothécaire peuvent demander à leur banque de reporter le remboursement du capital et des intérêts pour une période maximale de six mois, sans frais de dossier. Le report peut être obtenu pour les demandes introduites jusqu'au 30 avril inclus, poursuivant donc ses effets jusqu'au 31 octobre au plus tard. Cette date butoir sera la même pour les requêtes soumises après la fin avril.

Les frais administratifs ou de dossier tombent mais il ne s'agit absolument pas d'un report gratuit, analyse Test Achats. "Les remboursements de capital et des intérêts sont bien temporairement suspendus, mais ces derniers subsistent et devront être réglés par la suite. Pour certains consommateurs, cela peut représenter jusqu'à plus de 2.000 euros à payer ultérieurement."

L'organisation se demande également si une prime supplémentaire d'assurance solde restant dû ne sera pas demandée en cas de report de la mensualité.

Test Achats craint que les difficultés de paiement ne se manifestent plus longtemps que trois ou six mois à cause de la crise sanitaire. "Une baisse de revenu, par exemple en raison du chômage consécutif à la faillite d'une entreprise, peut avoir pour conséquence que la charge mensuelle existante devient trop élevée. Si elles tombent à 70% de leur salaire, de nombreuses personnes vont se retrouver dans une situation pénible, même si le chômage n'est que temporaire."

Selon l'organisation, un report de paiement n'est pas forcément intéressant. Elle conseille donc aux consommateurs de s'adresser à leur banquier afin de comparer les montants à payer en cas de report ou de paiement normal des mensualités.

Test Achats regrette par ailleurs que l'accord n'englobe pas les crédits à la consommation.