Sous couvert de la loi anti-blanchiment, la banque PNB Paribas Fortis refuse ses services à une partie de la population, principalement des personnes d'origine marocaine ou congolaise, rapporte Le Soir samedi, évoquant un risque de discrimination indirecte.

Il y a un mois, la direction de BNP Paribas Fortis envoyait à toutes les agences du pays un document demandant entre autres de ne pas accepter de client souhaitant ouvrir un compte à vue qui ne dispose pas d'un prénom ou d'une date de naissance complète sur sa carte d'identité belge. Une mesure qui touche particulièrement certaines populations : par exemple les personnes nées au Congo dans les années 70 et 80 et qui, suite à la politique de "zaïrianisation", se retrouvent avec un X inscrit à la case prénom sur leur carte d'identité belge. BNP Paribas Fortis justifie cette nouvelle marche à suivre par les obligations qu'impose la loi anti-blanchiment. Elle est pourtant la seule grande banque du pays à appliquer ce type de refus systématique. Selon Unia, ex-centre interfédéral pour l'égalité des chances, il y a bien "risque de discrimination indirecte dans le chef de la banque puisque cette règle touche uniquement une partie de la population".