L'autorité des services et marchés financiers (FSMA) a reçu l'an dernier 1 555 signalements de fraudes et offres illicites de produits et services financiers, signale-t-elle jeudi. Cela représente une augmentation de 30 % en un an et de près de 50 % par rapport à 2018. Une raison à cette hausse est tout simplement que les consommateurs se tournent davantage vers la FSMA avant d'investir, "dès qu'ils ont un doute sur le caractère frauduleux de l'offre qui leur est faite", explique l'autorité financière.

Près de trois quarts des signalements concernaient des plate-formes frauduleuses de trading en ligne, des offres de faux crédits et des offres frauduleuses de gestion de patrimoine, d'investissements alternatifs ou de fraudes pyramidales.

La notification de plate-formes frauduleuses de trading en ligne, en particulier, a fortement augmenté en 2020 (+61 %), relève la FSMA. Apparues en mai 2019, elles attirent les consommateurs par de fausses publicités sur les réseaux sociaux ou des applications de rencontre. L'autorité des services financiers évalue que les victimes de ces plateformes ont perdu au moins 18,5 millions d'euros entre mai 2019 et décembre 2020.

Bond du numérique, et donc des fraudes

Le nombre de signalements d'une fraude liée aux cryptomonnaies a lui baissé, de l'ordre de 26 %. La diminution de cette escroquerie, qui vise à faire investir dans de prétendues cryptomonnaies en promettant des gains très importants, s'est amorcée au moment de l'apparition des plateformes frauduleuses de trading en ligne. La FSMA estime que les mêmes réseaux criminels pourraient en réalité être à l'origine de ces deux types de fraude.

La FSMA soulève encore que la crise du Covid-19 a entraîné un usage accru d'internet, ce qui a exposé davantage de consommateurs "au démarchage d'escrocs proposant des offres de tous types (offres de masques de protection, de fausses collectes de fonds pour les victimes du virus ou encore d'offres concernant des vaccins)".

Les notifications de fraudes à l'investissement n'ont, elles, pas augmenté de manière significative mais la FSMA a observé que certains n'hésitaient pas à exploiter la crise sanitaire pour "justifier le non-paiement des sommes promises, réclamer le paiement de taxes supplémentaires prétendument dues en raison du Covid-19 (ou) proposer des offres frauduleuses d'investissement présentées comme une alternative aux banques qui pourraient connaître une crise à cause de la pandémie".