Les réformes des allocations familiales, passées sous la responsabilité des Régions après la sixième réforme de l'Etat, ont à peine réduit le risque de pauvreté des enfants, relève mardi le Bureau fédéral du Plan (BFP). Les mineurs restent davantage exposés au risque de pauvreté que la population générale (20,1 % contre 16,4 % respectivement, en 2017), et le risque de pauvreté infantile est plus élevé en Belgique que dans beaucoup d'autres pays européens. Selon le Bureau fédéral du Plan, il semble même en augmentation. "La Belgique est le pays européen qui, hormis l’Irlande, compte la plus grande proportion d’enfants vivant dans des ménages 'à faible intensité de travail'", ajoute-t-il.

Toutes les Régions ont réformé les allocations familiales lorsqu'elles sont passées dans leur giron. L'objectif était de miser notamment sur la "sélectivité" pour cibler aux moins les foyers les plus précaires, en tenant compte des revenus des parents.

"Toutefois, l'analyse réalisée par le Bureau fédéral du Plan démontre que les réformes n'ont eu globalement que peu d'effets sur le risque de pauvreté des enfants : il diminue à peine par rapport à la situation avant réformes. Pour les familles les plus vulnérables, en particulier les familles très nombreuses et les familles monoparentales, le risque de pauvreté est même parfois augmenté."

Le BFP souligne que la lutte contre la pauvreté des enfants reste un défi, atteignable pour "autant qu'une telle priorité politique soit mise à l'agenda".