Allez hop, c’est apparemment reparti pour un tour : revoilà des banques qui prennent de grandes libertés par rapport à la réalité, passant entre les mailles des règlements pour éviter de se faire taper sur les doigts par une quelconque autorité.

Vous vous rappelez sans doute que les banques, dans un bel ensemble, avaient juré leurs grands dieux après la crise financière de 2008 qu’elles avaient changé.

Waouh, une nouvelle culture bancaire était née.

Pour plus de certitude (une malencontreuse erreur est si vite arrivée), la FSMA, l’Autorité des services et marchés financiers, jette quand même un petit coup d’œil sur la communication de nos bonnes banques à l’égard de leurs clients.

Les banques seraient-elles encore tentées d’enjoliver les performances de certains produits, elles dont le nouvel ADN est le respect et la transparence totale à l’égard du client ? "Nous disons la vérité", assure même l’une de ces institutions sur son site. Toute la vérité et rien que la vérité. Vraiment ?

Deux exemples récents posent question

Belfius et sa "meilleure app bancaire du monde"

La FSMA a certes le bras long quand il s’agit de communications produits, mais est légalement hors jeu lorsqu’il s’agit de messages plus généraux. Cette fois, l’imagination des talents des uns et des autres n’est plus bridée par un corset de règles contraignantes.

Du coup, rien n’empêche manifestement une banque de faire preuve d’imagination débordante.

Ainsi, ce dernier mail de Belfius Banque adressé voilà quelques jours à ses clients particulièrement vernis : "C’est le moment de découvrir la meilleure app bancaire du monde", leur assure dans un courriel, sans doute la main sur le cœur, le Chief Digital Officer himself.

Nous pouvons tous en être très fiers : l’institution dont l’État belge est actionnaire à 100 % - vous vous rappelez, les problèmes de Dexia - a réussi en quelques années à pondre la meilleure app au monde, ridiculisant les gros bras du monde financier.

Le raccourci est pour le moins inventif. Belfius Banque n’en finit plus en fait de marteler ce message de winner depuis des mois en se basant sur une étude consacrée à… 79 banques, dont dix belges. Il doit quand même bien y avoir un peu plus de 79 banques au monde, non ?

Belfius Banque, reconnaissons-le bien volontiers, aurait tort de s’en priver, même si la ficelle paraît un peu grosse : une demi-vérité sans cesse répétée finira bien par devenir une certitude chez le consommateur.

Reste à savoir pourquoi l’ex-Dexia Banque persiste dans ce qui est finalement de la désinformation puisque l’accroche ronflante du mail n’est nullement nuancée.

ING et son taux à 3 %... revu à 0,2 %

Plus inquiétant encore, les 3 % hypothétiques mais fixes évoqués par ING dans une communication de marque à propos de l’épargne-pension.

La FSMA n’a strictement rien à redire car elle n’a pas autorité pour faire les gros yeux : comme ING n’associe pas ce 3 % à un produit précis, la banque peut donc s’en donner à cœur joie pour appâter le chaland avec un taux qui est de la poudre aux yeux. Le taux minimum garanti est actuellement de… 0,2 % sur le produit d’assurance d’épargne-pension.

Le consommateur appâté peut alors cliquer sur un lien qui l’envoie vers le site de la banque. Et là, ô miracle, on ne voit plus trace de ce scénario idyllique. Ben oui, la FSMA veille cette fois au grain.

Alors, amis banquiers, arrêtez une bonne fois pour toutes de nous mener en bateau, que ce soit pour des questions d’orgueil ou de marketing d’un autre temps.

Dire la vérité en toute transparence, vous ne trouvez pas ça chouette, vous ?