Mastercard entend déployer une technologie de paiement à l'aide d'une identification de l'acheteur via token. Cette méthode, qui doit être entièrement opérationnelle en 2022, facilitera l'opération de paiement pour le client et contribuera ainsi à réduire le nombre d'abandons de transactions, prédit Mastercard. L'entreprise estime que 20 à 25% des transactions en ligne sont abandonnées en cours de route soit parce que l'acheteur n'a pas avec lui les outils nécessaires à ce paiement (lecteur de carte bancaire...), soit en raison de démarches trop contraignantes.

"Pour les paiements en ligne, l'acheteur veut trouver le juste équilibre entre la sécurité des données et la facilité d'utilisation", explique Henri Dewaerheijd, directeur de Mastercard Belgique-Luxembourg. "Les données bancaires, partagées une seule fois ou enregistrées par défaut, se retrouvent sur des centaines de sites qui peuvent faire l'objet d'attaques criminelles", ajoute-t-il.

Le système d'identification proposé par Mastercard permettra de remplacer les données classiques de la carte de crédit de l'acheteur par une série de chiffres (jeton ou token). Ce jeton peut être utilisé pour un achat unique à un moment donné. Les données bancaires réelles du client ne sont ainsi pas confiées à divers commerçants. Le système de token présente en outre l'avantage d'une mise à jour automatique des données de la carte (date d'expiration...) et l'utilisateur dispose par la suite d'un historique plus clair de ses achats.

Le système sera complètement opérationnel en 2022 en Belgique, le temps pour Mastercard de se constituer une base de commerçants belges qui intégreront cette technologie, comme Amazon l'a déjà fait ou dans un processus simplifié de paiement appelé "Click-To-Pay". D'ici-là, d'autres évolutions feront leur apparition en 2021: les logos intégrés dans les dépenses sur son application bancaire ainsi que la liste de tous les commerçants qui ont actuellement accès au token via des abonnements récurrents, précise-t-on chez Mastercard.

Selon Henri Dewaerheijd, si on a observé une certaine stabilité dans l'évolution des technologies de paiement ces 20 dernières années, des changements massifs et rapides sont attendus à court terme, en raison de technologies comme la biométrie, qui permet d'authentifier un paiement par empreinte digitale ou reconnaissance faciale ou vocale. Déjà disponible sur le marché belge, le procédé sera une option pour tous les porteurs de carte d'ici la fin 2021.

Le déploiement de l'internet des objets va aussi accélérer les choses. "La transition digitale est pour nous la plus grande opportunité depuis l'introduction des cartes à puce dans les années 1990. Cependant, tout comme la 5G, il est difficile à l'heure actuelle de prédire les innovations qui découleront des cartes digitalisées comme token", conclut M. Dewaerheijd.