Ageas se dit disponible pour offrir une solution au portefeuille de clients d'Integrale, l'assureur liégeois qui a un besoin urgent de capital, a indiqué mercredi le CEO d'Ageas Hans De Cuyper en marge de la présentation des résultats annuels. Integrale est spécialisé dans les assurances-groupes et compte environ 150 000 affiliés de quelque 5 000 entreprises.

Un nouveau conseil d'administration a eu lieu ce mardi soir chez l'assureur liégeois. Durant ce dernier, les conseillers auraient pris acte d'un courrier de la Banque nationale de Belgique (BNB) indiquant qu'elle avait décidé de remplacer les actuels membres du CA et du comité de direction par un collège d'administrateurs provisoires.

L'assureur liégeois, qui est détenu à 71% par le groupe Nethys, est depuis plusieurs mois à la recherche d'un repreneur afin de répondre aux normes de solvabilité européennes et aux exigences de la Banque Nationale. La société doit notamment trouver 200 millions d'euros et son principal actionnaire, Nethys, refuse de la financer davantage.

Bientôt la fin du rendement minimum à 1,75 % ?

Ageas avec sa filiale AG Insurance est leader sur le marché belge des pensions complémentaires, le deuxième pilier. Les faibles taux d'intérêt sur les marchés financiers rendent de plus en plus difficile la tâche pour les assureurs de garantir le taux d'intérêt minimum légal (1,75 %), a reconnu mercredi M. De Cuyper.

La fédération des assurances Assuralia a plaidé dans De Standaard pour lancer rapidement un débat sur ce taux minimum. M. De Cuyper rejoint ce point de vue. "Cela nécessite une concertation sociale et cela demande beaucoup de temps", a-t-il dit. Il a précisé qu'AG Insurance pouvait garantir ce rendement minimum pour le moment, jusqu'à deux ans à l'avance.

La loi sur les pensions complémentaires stipule qu'un rendement minimum de 1,75 % doit être attribué. L'obligation est à la charge de l'employeur, qui fait appel à un assureur pour cela. Mais ces derniers ont de plus en plus de mal à atteindre ce rendement minimum en raison des taux d'intérêt toujours bas sur les marchés financiers. Si les employeurs devaient combler eux-mêmes la différence à l'avenir, on redoute qu'ils offrent moins de régimes de pension complémentaire.