Parmi les salariés, 36,7 % ont opté pour une retraite anticipée ; en 2019, ils étaient encore 32,9 %, selon une analyse de la société RH Acerta auprès de 35 000 employeurs du secteur privé. Parmi les travailleurs indépendants, près de 55 % (54,8 %) ont opté pour la retraite anticipée l'année dernière. 

En 2019, ce chiffre était encore de 52,8 %. Acerta soupçonne que la crise du coronavirus a joué un rôle. "Les conditions de départ à la retraite des salariés et des indépendants n'ont pas changé entre 2019 et 2020. Ce n'est donc pas là qu'il faut chercher l'explication de cette augmentation. (...) Nous soupçonnons toujours que l'effet coronavirus a joué un rôle dans un grand nombre de retraites anticipées. Les employés qui, dans des circonstances normales, seraient restés au travail un peu plus longtemps, ont pris la décision de partir à la retraite un peu plus tôt en raison des fermetures forcées, du travail à domicile, de la peur d'utiliser les transports publics et du fait que les sexagénaires faisaient partie du groupe à risque, au lieu de passer l'année (ou les années) restante".

C'est dans l'hôtellerie et la restauration, le secteur le plus touché par les mesures sanitaires, que l'effet a été le plus important : près de sept personnes sur dix ont choisi de prendre leur retraite avant leur 65e anniversaire l'année dernière. L'augmentation de 12,4 % par rapport à 2019 est bien supérieure à la moyenne (+3,9 %).

Acerta souligne qu'en plus de la pension légale et de la retraite anticipée (en fonction du nombre d'années de carrière), il existe encore de nombreuses options. Par exemple, les emplois d'appoint à partir de 60 ans, qui permettent de réduire son temps de travail, sont déjà bien établis et l'épargne-carrière fait également son apparition dans certains secteurs. "Le départ à la retraite est une étape importante et il est préférable de le faire de manière réfléchie", prévient la société de RH.