Ces taxes entreront en vigueur le 24 septembre. La Chine est prête à répliquer.

Le président américain Donald Trump a annoncé mardi, dans un communiqué, qu’après sept semaines d’auditions publiques sur la question, il prenait la décision de promulguer des taxes douanières sur 200 milliards de dollars d’importations de produits chinois.

Les griefs avancés par les États-Unis pour justifier cette nouvelle escalade dans la guerre commerciale sont les mêmes que quand le pays a taxé, en juillet puis en août, 50 milliards de dollars de marchandises provenant de Chine. "Après une étude minutieuse, nous avons conclu que la Chine était engagée dans nombre de pratiques injustes concernant la technologie et la propriété intellectuelle américaines, comme forcer nos entreprises à transférer sa technologie à leurs homologues chinois. Ces pratiques constituent une menace grave pour la santé et la prospérité à long terme de l’économie américaine", écrit Donald Trump.

Taxes de 10 % puis de 25 %

Ces nouveaux tarifs douaniers toucheront une large gamme de produits. Ils entreront en vigueur le 24 septembre et seront de 10 %. Ils passeront à 25 % dès le 1er janvier. Et Donald Trump prévient : "Si la Chine prend des mesures de rétorsion envers nos agriculteurs et autres industries, nous poursuivrons avec la phase trois : des taxes sur environ 267 milliards d’importations additionnelles."

Si le président américain met cette menace à exécution, cela voudra dire que les États-Unis frapperont de pénalités douanières l’ensemble de leurs importations chinoises.

Quelques heures avant l’annonce présidentielle, le gouvernement chinois avait fait savoir qu’il était prêt à adopter des "mesures de rétorsion pour défendre ses droits et intérêts légitimes", sans toutefois les détailler.

Quelle réplique de la Chine ?

Jusqu’à présent, Pékin avait répliqué à l’identique aux tarifs douaniers américains, frappant à son tour de taxes des importations américaines pour un même montant. Dans ce cas-ci, la Chine, qui exporte près de quatre fois plus de produits vers les États-Unis qu’elle n’importe de produits américains, ne pourra pas, pour cette raison, mettre en œuvre une riposte sur 200 milliards de dollars d’importations. Pékin avait déjà évoqué de possibles nouvelles taxes sur 60 milliards de dollars de marchandises américaines.

Des négociations sont toujours théoriquement en cours entre les États-Unis et la Chine, au sujet de leurs rapports commerciaux pour le moins tendus. Avec cette nouvelle salve de barrières douanières, les Chinois pourraient rompre les discussions, comme l’a insinué mardi le porte-parole de la diplomatie chinoise.

L’Union européenne (UE) a réagi mardi, par la voix de la commissaire au Commerce Cecilia Malmström. Elle a qualifié les nouvelles taxes américaines de "très regrettables" et souligné le "désaccord (de l’UE) avec la méthode" de Washington.

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