Privilégier les actions

ING conseille les titres des pays européens périphériques.

Isabelle de Laminne
Privilégier les actions
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Globalement, le constat économique est plutôt favorable pour le premier semestre de 2014 et est en ligne avec les prévisions qui avaient été faites à la fin de l’année 2013.

"Cependant, si l’on assiste à une reprise de la croissance au niveau global, il faut reconnaître que la reprise économique est une reprise à deux vitesses avec des zones qui enregistrent une accélération de leur croissance alors que d’autres ralentissent la cadence", admet Peter Vanden Houte, chief economist chez ING.

Périphériques et émergents

Cette désynchronisation se marque à la fois entre les pays périphériques et les pays du cœur dans la zone euro, mais aussi dans les pays émergents qui ne peuvent plus être considérés comme un bloc harmonisé.

A la fin de l’année passée, les économistes faisaient part de leur inquiétude relative aux cinq pays émergents fragiles. Aujourd’hui, on constate que l’Inde et l’Indonésie se sont bien redressées et que leur situation se stabilise, alors que le Brésil est encore très dépendant des capitaux extérieurs.

Dans la zone euro, les indicateurs vont dans le bon sens même si la situation est surréaliste avec des taux d’intérêts négatifs sur les dépôts bancaires auprès de la BCE. "Le niveau des dettes privées est encore très important dans ces pays même si l’on assiste à une baisse progressive de l’endettement. Nous ne voyons pas, dans l’immédiat, de hausse des taux d’intérêts dans la zone euro mais nous restons modestes quant à l’évolution de la croissance européenne que nous ne voyons pas dépasser 1 % en 2014 et 1,5 % en 2015", souligne Peter Vanden Houte.

La grande question qui reste en suspens est la possible déflation dans laquelle risque de verser la zone euro. "Actuellement, environ un tiers du panier des biens et services a enregistré une baisse des prix. On est loin des 70 % que le Japon enregistrait au cœur de la déflation. Certains pays d’Europe sont déjà en déflation même si la zone euro n’y est pas", ajoute-t-il.

Les économistes sont, par ailleurs, assez optimistes concernant les Etats-Unis qui, après un hiver rude, voient leur économie enregistrer une accélération de la croissance.

Comment investir dans cet environnement ? "Aujourd’hui, les investisseurs sont attentifs aux fondamentaux. On va rester dans un environnement de taux bas et les dividendes sont plus intéressants que les rendements obligataires et ce, même pour les obligations à haut rendement", constate Thierry Masset, chief investment officer chez ING. Ce stratège privilégie donc les actions en portefeuille et plus particulièrement les actions européennes des pays périphériques et les actions des pays émergents asiatiques. Au niveau obligataire, les rendements resteront faibles et il faudra aller chercher de la performance du côté des obligations périphériques et des émergents.