Pas d’amalgame entre crowdfunding et crowdlending, SVP !

Les déboires de la plateforme MyMicroInvest peuvent inciter à une certaine confusion. Explications.

Isabelle de Laminne
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©capture écran Twitter

Les participants à la plateforme de crowdfunding MyMicroInvest qui avaient contribué au financement du média en ligne Newsmonkey ont subi une forte désillusion en étant forcés de vendre leurs parts avec une perte. 

Cet incident rappelle qu’un investissement de ce type se fait dans des start-up et que des incertitudes pèsent sur le rendement mais aussi sur la récupération du capital initial. Dans ce cadre, il y a cependant lieu de ne pas faire d’amalgame entre le crowdfunding et une autre forme de financement des entreprises : le crowdlending.

"Dans le crowdfunding, l’investissement se fait sous forme de capital dans des start-up. En revanche, le crowdlending consiste à octroyer des prêts à des sociétés plus matures pour financer leur croissance. Dans le crowdlending, sur base de titres de créances, les investisseurs bénéficieront d’un rendement régulier lié à un intérêt fixé au départ et recevront le remboursement de leur capital à l’échéance du prêt. La sélection des entreprises et l’analyse du risque se font sur des éléments tangibles puisque les sociétés sur notre plateforme doivent déjà avoir trois exercices comptables derrière elles", explique Frédéric Levy-Morelle, CEO de la plateforme de crowdlending Look&Fin.

Transparence et frais

Il ne faut donc pas confondre le crowdfunding et le crowdlending. En 2015, sur 34 milliards de dollars récoltés dans le monde sous toutes ces formes de financement, 70 % l’ont été par des plateformes de prêts (crowdlending ou peer-to-peer lending). Seulement 10 % des sommes l’ont été pour du crowdfunding en capital. "Le marché belge est encore très petit. Il faut aussi être conscient que le modèle du crowdlending est beaucoup plus transparent que celui du crowdfunding tel qu’il était pratiqué par MyMicroInvest", souligne Frédéric Levy-Morelle.

En effet, chez MyMicroInvest (MMI), il y a un véhicule de financement intermédiaire entre les actionnaires et la société qu’ils financent, alors que chez Look&Fin, l’investissement se fait en direct. Un petit tour du côté des frais nous indique aussi que chez MMI des frais sont pris à la fois du côté des investisseurs (12 %) et du côté des entreprises. "Cela signifie que pour 100 euros versés sur MMI, seulement 88 seront effectivement investis et l’investisseur devra tabler sur un rendement de 14 % pour simplement retrouver son investissement de départ. Sur Look&Fin, 100 euros investis rapportent directement l’intérêt affiché. C’est l’entreprise qui se finance sur la plateforme qui supporte les frais", fait remarquer Frédéric Levy Morelle.

Les fondateurs de MMI se trouvent également parfois au conseil d’administration des sociétés financées, ce qui pourrait occasionner des conflits d’intérêts. L’ensemble de ces éléments démontrent, une fois de plus, la nécessité de bien s’informer sur les produits de placement avant d’y investir.