Merkel: l'accord de libre-échange UE-USA "absolument" dans l'intérêt de l'Europe

En discussion depuis 2013, ce projet d'accord de commerce et d'investissement, généralement désigné sous les sigles TTIP ou Tafta, vise à créer la plus grande zone de libre-échange du monde.

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Angela Merkel a vigoureusement défendu jeudi l'accord de libre-échange controversé en cours de négociation entre l'Union européenne et les Etats-Unis (TTIP), assurant qu'il était "absolument" dans l'intérêt des Européens.

"Je considère cet accord pour absolument juste et important et dans l'intérêt absolu de l'Europe", a déclaré la chancelière allemande lors d'une conférence de presse à Berlin, prenant ainsi ses distances avec d'autres pays, comme la France, qui se montrent sceptiques en l'état.

Mme Merkel doit aussi faire face à une forte opposition au sein de sa propre coalition gouvernementale, où les sociaux-démocrates sont de plus en plus nombreux à ne plus croire à l'accord.

En discussion depuis 2013, ce projet d'accord de commerce et d'investissement, généralement désigné sous les sigles TTIP ou Tafta, vise à créer la plus grande zone de libre-échange du monde.

Mais il est la cible de nombreuses résistances de la part d'altermondialistes et d'organisations de défense de l'environnement. Le choix récent du Royaume-Uni de quitter l'Union européenne est venu encore compliquer la donne.

"Beaucoup de régions dans le monde concluent les unes avec les autres des accords commerciaux et je ne vois pas pourquoi précisément les deux plus grandes zones économiques ne devraient pas établir des normes" via un tel pacte, a affirmé Angela Merkel.

"Et vu les chiffres élevés du chômage dans l'Union européenne chez les jeunes, tout ce qui peut créer ou protéger des emplois en Europe doit vraiment être fait", a défendu la chancelière.

Elle ne s'est toutefois pas avancée sur un calendrier, alors que l'objectif initial de boucler les discussions avant que Barack Obama ne quitte la Maison blanche semble de plus en plus difficilement tenable.

Paris se montre ouvertement critique sur ce projet et le secrétaire d'Etat français au Commerce extérieur, Matthias Fekl, avait jugé début juillet "impossible" qu'un accord soit trouvé en 2016.

Un quatorzième cycle de négociations s'est achevé mi-juillet à Bruxelles et le négociateur en chef pour l'UE, Ignacio Garcia Bercero, a déclaré, à son issue, que les négociations étaient maintenant "à un stade avancé", mais qu'il restait "encore beaucoup de travail à faire".