Les États-Unis comptent bien changer la donne dans le business mondial du pétrole

Les États-Unis comptent bien changer la donne dans le business mondial du pétrole
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La seconde révolution américaine du pétrole de schiste est en marche. Elle va bouleverser le marché mondial.

Alors que les manifestations contre le réchauffement climatique se sont multipliées en Belgique ces derniers mois, l’Agence internationale de l’énergie (AIE) vient de publier ses prévisions quant à l’évolution du marché pétrolier à l’horizon 2024.

Que peut-on y lire ? L’AIE estime que la consommation mondiale d’or noir va continuer à augmenter d’ici 2024, même si le rythme de croissance sera moins soutenu qu’auparavant. À eux deux, la Chine et l’Inde vont s’arroger 44 % de la hausse de la consommation mondiale d’or noir.

Comment expliquer cet appétit pour le pétrole ? La diminution de la consommation de carburant due à l’émergence des véhicules électriques et aux performances accrues des voitures traditionnelles va être annihilée par la hausse de la demande dans d’autres secteurs. L’AIE pointe notamment le transport aérien, ainsi que le secteur du plastique.

"Le transport aérien va continuer à croître fortement en raison de l’augmentation des revenus dans les pays en développement, explique l’AIE. Davantage d’aéroports vont être construits, il y aura davantage d’offres de liaisons aériennes." Ainsi, l’Asie représentera 75 % de la hausse du trafic aérien mondial. Alors que l’Inde affiche un PIB par habitant cinq fois inférieur à celui de la Chine, la croissance du trafic aérien y sera supérieure à 8 % par an.

La demande mondiale de plastique en hausse

Si en Belgique et dans d’autres pays, on essaye de limiter l’usage du plastique, ce n’est pas encore le cas au niveau mondial . "Malgré les efforts consentis pour réduire l’usage du plastique, la demande mondiale va augmenter", estime l’AIE. Cette fois, ce sont la Chine et les États-Unis qui vont tirer la consommation mondiale.

Par ailleurs, le marché mondial du pétrole va être considérablement modifié au niveau de l’approvisionnement. Suite à la révolution du pétrole de schiste, les États-Unis avaient levé, fin 2015, l’interdiction d’exporter leur pétrole, qui existait depuis 1975. Et ils ont récemment atteint la place de premier producteur mondial d’or noir.

Les États-Unis ne vont pas s’arrêter là. Portés par la deuxième vague de l’industrie du pétrole de schiste, ils devraient devenir un exportateur net de pétrole en 2021, estime l’AIE. Ce qui signifie qu’ils exporteront davantage de pétrole qu’ils n’en importeront. "La seconde vague de la révolution du pétrole de schiste arrive, déclare Fatih Birol, le directeur de l’AIE. Cela va secouer les flux commerciaux, avec des implications géopolitiques majeures."

En 2024, les États-Unis raviront la place de deuxième exportateur mondial à la Russie et talonneront l’Arabie saoudite. "Les États-Unis représenteront environ 70 % de la croissance mondiale de l’offre de pétrole", estime l’AIE.

Ce bouleversement pourrait être une opportunité pour les pays importateurs nets de pétrole. "Les acheteurs de pétrole, particulièrement en Asie, auront un choix plus large de fournisseurs. Cela diminuera leur dépendance aux traditionnels contrats à long terme."

Enfin, selon l’AIE, le marché devrait pouvoir s’adapter aux nouvelles normes en vigueur dans le transport maritime. Pour rappel, les bateaux ne pourront plus utiliser de carburant à haute teneur en souffre en 2020. "Dans un premier temps, la demande du secteur maritime pourrait faire grimper le prix du diesel", estime l’AIE. Mais ensuite, les choses devraient se calmer en raison de la baisse de la demande de diesel sur la terre ferme



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