Comment les marchés vont accueillir le nouveau Premier ministre britannique

Le Royaume-Uni connaît désormais son nouveau Premier ministre, le fer de lance du Brexit, Boris Johnson. Voici les réactions pressenties de la livre sterling et des titres d'entreprises cotées.

Comment les marchés vont accueillir le nouveau Premier ministre britannique
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François Remy

Le Royaume-Uni connaît désormais son nouveau Premier ministre, le fer de lance du Brexit, Boris Johnson. Voici les réactions pressenties de la livre sterling et des titres d'entreprises cotées.

Outre le fait de façonner le paysage politique et donner le ton des prochaines négociations du Brexit, la nomination du successeur de Theresa May ce mardi aura une influence déterminante sur les marchés financiers.

Cambistes et investisseurs en actions laissaient planer peu de doute sur l'issue de cette élection interne au Parti conservateur, l'ancien maire de Londres et ministre des affaires étrangères Boris Johnson étant donné grand favori.

La baisse de la livre sterling ces dernières semaines a stimulé les entreprises cotées en Bourse de Londres et exposées à l'international. Une tendance qui devrait perdurer avec la victoire de Johnson sur son rival Jeremy Hunt, actuel ministre des affaires étrangères.

"Les investisseurs préfèreraient légèrement voir Jeremy Hunt s'installer au 10 (Downing Street, adresse de la résidence officielle du Premier, ndlr)", explique la firme de courtage Share Centre au site MarketWatch. Mais, même si la devise et les actions britanniques risquent de subir une certaine pression à court terme, qu'il s'agisse de Johnson ou de Hunt, la tendance devrait s'avérer positive sur plus longue échéance.

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Les deux candidats ont en effet affirmé qu'ils adouciraient la politique fiscale et augmenteraient les dépenses publiques. Ce qui, sur le long terme, est une bonne nouvelle pour les entreprises, leurs bénéfices et, a fortiori, leurs cours de Bourse.

"A condition que l'imminente crise du Brexit soit assez bien gérée que pour permettre aux sociétés d'intégrer ces effets économiques dans leurs plans", nuance Share Centre.

Prévisions... mais incertitudes

Sur le marché des devises, l'arrivée de Johnson à Downing Street a déjà été intégrée dans les prix. Mais la constitution de son équipe gouvernementale et les prochains propos sur la sortie du pays de l'Union européenne créeront encore des turbulences autour de la livre.

Une série de démissions susceptibles d'intervenir au sein du cabinet ouvrirait la porte à d'autres partisans du Brexit probablement plus radicaux, évoquait-on chez ING FX Strategy. Cela aurait pour conséquence d'affaiblir encore davantage la monnaie nationale.

Le ministre des Finances, Philip Hammond, a annoncé dimanche qu'il démissionnerait si le fantasque Boris sortait vainqueur, estimant que le nouvel argentier du pays devrait être "étroitement en phase" avec le Premier. C'est parce qu'il est question notamment de l'adoption d'un budget d'urgence en septembre pour parer un à potentiel "no deal".

L'Institut des études fiscales de Londres a déjà averti qu'un tel budget serait d'autant plus "périlleux" compte tenu des incertitudes politiques.