L'avantage pris par Biden pèse sur les cours du pétrole

L'avantage pris par Joe Biden dans les résultats de la présidentielle américaine pesait sur le pétrole vendredi, les investisseurs craignant de plus strictes mesures sanitaires qui freineront l'économie à court terme et une possible contestation du résultat susceptible de retarder l'adoption d'un plan de relance.

L'avantage pris par Biden pèse sur les cours du pétrole
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AFP

Vers 14H30 GMT (15H30 à Paris), le baril de Brent perdait 2,22% par rapport à la clôture de jeudi, à 40,02 dollars, et à New York, le WTI lâchait 2,66% à 37,76 dollars.

"L'incertitude que cette élection apporte, au niveau des résultats mais aussi en termes de stabilité politique, met les marchés dans l'embarras", a estimé Bjornar Tonhaugen, analyste de Rystad.

Face aux résultats égrenés globalement plus favorables à son rival démocrate, le républicain Donald Trump a crié jeudi une nouvelle fois à la fraude, sans apporter de preuves.

Les multiples actions judiciaires lancées par ses avocats au niveau des Etats, avec par exemple la menace de demander un recomptage dans le Wisconsin, entraineront "un retard probable dans les négociations sur le projet de relance budgétaire américain, ce qui est peu encourageant pour la demande de pétrole" dans le pays, a estimé M. Tonhaugen.

Le record de nouveaux cas de Covid-19 enregistrés jeudi aux Etats-Unis, avec plus de 120.000 cas positifs en 24 heures selon l'université Johns Hopkins, et l'approche plus stricte de Joe Biden en matière de politique sanitaire pourrait s'accompagner de restrictions à l'activité qui lesteront la demande pétrolière à court terme dans le pays.

Cette politique pourrait toutefois "soutenir un fort rebond de la demande américaine plus tard en 2021" si la pandémie est sous contrôle.

Du côté de l'offre, "le principal impact viendra des changements de politique étrangère" si Joe Biden venait à être élu, "en particulier vis-à-vis de l'Iran", a complété M. Tonhaugen.

Une politique plus souple vis-à-vis de Téhéran pourrait en effet faire revenir sur le marché des centaines de milliers de barils quotidiens qu'en l'état il ne peut absorber.

Mais tout n'est pas défavorable aux prix du brut dans le programme de Joe Biden. Ainsi la perspective d'une baisse de la production américaine par la limitation de l'exploitation du pétrole de schiste dans le pays serait plutôt de nature à soutenir les cours.

La propagation très rapide du Covid-19 sur le continent européen, et les mesures de confinement qu'elle entraîne, de même que l'absence de réaction des membres de l'Organisation des pays exportateurs de pétrole et leurs alliés (Opep+) contribuait aussi à miner les cours du brut vendredi.

Cet accès de faiblesse s'inscrit toutefois dans un contexte de forte volatilité.

Les cours de référence du brut restent en hausse de 5% depuis lundi. En début de la semaine, ils ont été soutenus par des déclarations russes laissant présager une intervention de l'Opep+, après une dégringolade d'environ 10% la semaine passée liées aux annonces de reconfinement en Europe face à la deuxième vague de Covid-19.

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