L’œil du marché : "Le marché ne cesse de mal digérer le changement de ton adopté par la Fed"

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La Libre Eco avec AFP

La Bourse de Paris était en proie lundi matin à des inquiétudes concernant une possible hausse des taux d'intérêt dès l'an prochain aux Etats-Unis. A 09H45, l'indice CAC 40 perdait 29,12 points à 6.540,04 points. Les marchés avaient tous fortement reculé vendredi et la place parisienne avait mis fin à cinq séances consécutives dans le vert (-1,46 %).

Le Dax de la Bourse de Francfort était quasi à l'équilibre avec - 0,01 % à 15 445.82 points, vers 10H15 (8H15 GMT). Le FTSE-100 de la Bourse de Londres baissait lui de 0,26 % à 6 999.40 points, tandis que le Bel 20 de la Bourse de Bruxelles perdait 0,54 % à 4 115.40 points. 

"Le marché ne cesse de mal digérer le changement de ton adopté par la Fed à la sortie de sa réunion de politique monétaire mercredi dernier", explique Sebastian Paris Horvitz, analyste chez LBPAM.

La Fed a revu à la hausse son anticipation d'inflation et table désormais sur deux hausses des taux en 2023, année où est attendu le retour au plein emploi c'est-à-dire au niveau d'avant-crise.

Mais ce qui perturbe les investisseurs, ce sont les propos du président de la Réserve fédérale de Saint Louis, James Bullard. Membre considéré comme très accommodant, il a pourtant envisagé une hausse dès 2022 si l'inflation américaine restait élevée d'ici là.

La communication de la banque centrale américaine suscitait une vive réaction sur le marché de la dette des Etats où le taux américain à dix ans continuait de refluer : le rendement du Trésor à 30 ans est passé sous la barre des 2 % pour la première fois depuis février, et le rendement à dix ans est en recul de 5 points de base à 1,40 %.

"Il semblerait que pour le marché (NdlR: obligataire) la décision de la Fed de réfléchir à l'éventuel commencement d'un léger resserrement monétaire un peu plus tôt que prévu par le marché va se traduire par un recul plus rapide de l'inflation alors que la croissance de moyen terme en sera bridée", souligne M. Horvitz.

Dans contexte, les intervenant de marché suivront mardi l'audition du président de la Fed, Jerome Powell, sur la réponse donnée à la pandémie.

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