Le boss de la Fed ramène le calme en Bourse

Revue Boursière. Jérome Powell a calmé le jeu à propos de l’inflation qui menace.

Le patron de la Fed, Jerome Powell.
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Van Campenhout Patrick

Et pourtant, elle grimpe ! Les banquiers centraux assurent qu’elle n’est pas là pour durer, qu’elle est liée à la poussée de fièvre du baril de pétrole brut et à la reconstitution tendue des stocks. Pourtant, l’inflation dont il est question, augmente de mois en mois. Aux États-Unis, le mois passé, les prix ont augmenté de 0,9 % alors que l’on prévoyait +0,5 %, soit un taux d’inflation annuel de 5,4 % contre 5,0 % en mai. Les prix à la production américains ont eux grimpé de 1 % en juin, soit 7,3 % en rythme annuel.

Objectif emploi !

Les marchés d’actions ont à peine frémi, alors que cette évolution devrait amener la Réserve fédérale américaine (Fed) à la contrecarrer au travers d’un resserrement de sa politique monétaire. C’est qu’en milieu de semaine, le patron de la Fed, Jerome Powell, communiquant à destination d’une Commission de la Chambre des représentants, a une nouvelle fois rappelé que, sauf pénurie exceptionnelle, cette poussée de fièvre des prix ne serait que temporaire. De plus, pour faire taire ceux qui pensent que la Fed devrait réduire son action à destination des taux d’intérêt à long terme par le biais d’achats massifs d’obligations, Powell a rappelé que l’objectif en matière d’emploi de l’institut d’émission, n’était pas encore atteint, tant s’en faut.

Premières salves de résultats

Toujours aux États-Unis, les premiers résultats trimestriels d’entreprises cotées ont commencé à tomber. Sans surprise, ils sont très bons, qu’ils émanent du premier de la liste, Pepsico, ou de ceux des grands noms américains de la banque et de la gestion d’actifs. Pepsico a vu son chiffre d’affaires progresser de 13 % au deuxième trimestre, en raison de la reprise de l’activité normale aux États-Unis. Pour les banques, c’est un peu différent, puisque si globalement leurs bénéfices ont augmenté, leur chiffre d’affaires a été freiné par la faiblesse persistante des marges d’intérêt. Cela étant, les banques d’affaires se sont rattrapées sur les grosses opérations de fusion et acquisition. JP Morgan comme Goldman Sachs ont prévu de remonter sensiblement le niveau de leurs dividendes. Au total, sur les quelque 26 entreprises venues au rapport à Wall Street, 21 ont aligné des chiffres dépassant les attentes pour cinq qui ont déçu.

En Europe aussi, les entreprises sortent leurs résultats, avec de belles surprises, comme celle de Swatch qui a annoncé son retour aux bénéfices sur le premier semestre, grâce aux ventes en ligne et aux marchés asiatiques. Le groupe suisse prévoit une poursuite de ce retour à meilleure fortune pour le reste de l’année. L’allemand Daimler n’a pas encore publié ses résultats, mais vient d’annoncer qu’ils seraient bien meilleurs qu’attendus. Le groupe français Atos a pour sa part dévissé à la Bourse de Paris, après avoir réduit ses perspectives. Enfin, dans le domaine des énergies renouvelables, Siemens Gamesa a lancé un avertissement sur résultats. En cause, une baisse de ses marges liée à la hausse des coûts des matières premières, dont les composants venus de Chine alors que le coût du transport maritime explose. Gageons que l’ambitieux plan européen de réduction des émissions de CO2 dopera par la suite le chiffre d’affaires du groupe allemand.

Le boss de la Fed ramène le calme en Bourse
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D’Ieteren flambe

À la Bourse de Bruxelles, Galapagos a poursuivi sa descente aux enfers sur des résultats en demi-teinte d’essais cliniques de trois molécules. Le marché n’a pas apprécié : le titre a reculé de 17 % sur la semaine, soit de 72 % en un an. Pour faire la différence à Bruxelles, D’Ieteren a bondi de 25 % sur la semaine écoulée. La plus forte hausse de cette action de fond de portefeuille en… 31 ans. La raison de cette flambée soudaine ? La cession par le groupe CDR d’une partie de sa participation en Belron dont D’Ieteren détient 50 %. L’opération a valorisé Belron à 17 milliards d’euros. La part de D’Ieteren en Belron pèse 8,6 milliards d’euros, soit plus que la capitalisation boursière du groupe belge.

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