Actions, maisons et objets de collection : comment les Belges investissent-ils leur argent ?

La crise sanitaire et le choc économique qui l'accompagnait ont apporté leur lot de changements. Les Belges désertent ainsi peu à peu les comptes d'épargne et préfèrent investir. Une récente enquête dévoile les pistes qu'ils privilégient au moment de placer leur argent.

Selon une enquête menée par Aion Bank, "les Belges considèrent l'absence de taux d'intérêt corrects sur les comptes d'épargne traditionnels comme leur principale motivation pour investir".
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François Thys

Les Belges retrouvent peu à peu le goût de l'investissement. Si les comptes d'épargne ont pendant longtemps été une option privilégiée par de nombreux citoyens, ceux-ci se tournent désormais vers d'autres voies. Selon Aion Bank, le climat financier et boursier actuel réunit les conditions nécessaires à ce regain d'intérêt. "L’inflation croissante a une incidence sur la valeur de notre argent, par conséquent de nombreuses personnes doivent trouver des manières intelligentes d'investir leur argent pour le faire fructifier, en particulier quand les taux d'épargne touchent le fond et que certaines banques introduisent des taux d'intérêt négatifs", analyse la banque.

Elle a d'ailleurs mené une enquête auprès de 1 001 Belges pour connaître leur rapport à l'investissement, et leur comportement au moment de placer leur argent.

Des valeurs sûres

Sans surprise, les Belges privilégient d'abord des valeurs sûres : 20 % des sondés investissent dans des valeurs mobilières, et 19 % dans l’immobilier. Sur la troisième marche du podium (16 %), on retrouve les cryptomonnaies, qui ont le vent en poupe depuis plus d'un an. "Un quart des personnes entre 35 et 44 ans déclarent qu’elles détiennent une certaine forme de cryptomonnaie", précise Aion. Elle note également que "les Belges investissent dans des fonds communs de placement, des articles de luxe, des obligations d’État et des objets d'art et de collection".

La raison principale évoquée pour justifier l'investissement est le faible taux proposé pour les comptes d'épargne. "Dans tous les groupes d’âge, les Belges considèrent l'absence de taux d'intérêt corrects sur les comptes d'épargne traditionnels comme leur principale motivation pour investir", indiquent encore les auteurs de l'enquête. "De plus, 35 % des Belges investissent parce qu'ils cherchent un meilleur potentiel, 38 % pour gagner plus d'argent et 35 % y voient une manière supplémentaire d'épargner pour leur pension."

Quand confinement rime avec investissement

L'enquête d'Aion met également en avant la corrélation entre la crise sanitaire, les confinements, et la hausse des montants investis par les Belges. Mais ces opérations sont loin d'être impulsives, que du contraire. "Le principal changement dans le comportement d'investissement des Belges est que 28 % d’entre eux consacrent plus de temps à faire des recherches avant d’investir leur argent. Cela peut s’expliquer par le fait que les gens ont plus de temps devant eux ou plus d'accès à l'information, mais il est clair que ceux qui investissent réfléchissent davantage avant de prendre des décisions."

La crise a également été l'occasion, pour un Belge sur quatre, de diversifier son portefeuille.

Enfin, pour ceux qui n'ont toujours pas franchi le cap de l'investissement, l'obstacle principal reste le manque de fonds disponibles. Même si "24 % des personnes ayant répondu à l’enquête disent qu’elles n’investissent pas parce qu’elles manquent de connaissances, tandis que 15 % d’entre elles trouvent qu’il est trop compliqué d’investir", complète Aion.