La Bourse de Paris dépasse son record absolu en séance, vieux de septembre 2000

L'indice vedette CAC 40 a atteint 6.949,57 points à 15H14 (heure de Paris).

La Bourse de Paris dépasse son record absolu en séance, vieux de septembre 2000
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La Libre Eco avec AFP

Après un nouveau plus haut en clôture accroché mardi, la Bourse de Paris a dépassé mercredi son record absolu en séance qui datait de septembre 2000, portée par les mesures de soutien à l'économie prises face à la crise du Covid-19.

L'indice vedette CAC 40 a atteint 6.949,57 points à 15H14 (heure de Paris). Il dépasse son précédent sommet établi à 6.944,77 points le 4 septembre 2000, en pleine bulle internet.

Mardi, il avait déjà atteint un nouveau plus haut de clôture, à 6.927,03 points, dépassant le précédent record qui datait du même jour de 2000.

Depuis le printemps 2020, l'argent coule à flots sur les marchés financiers grâce aux mesures de soutien exceptionnel des Banques centrales, qui ont injecté une centaine de milliards de dollars par mois depuis un an et demi pour la Banque centrale européenne ou la Réserve fédérale américaine.

Cette abondance de liquidités a permis aux indices boursiers de rattraper rapidement les pertes enregistrées en mars 2020 : le CAC 40 était tombé à 3.632,06 points au plus bas en séance, le 16 mars.

En plus de soutenir les marchés, "l'intervention des Banques centrales a incité les Etats à s'endetter pour maintenir l'emploi et le pouvoir d'achat", note Philippe Cohen, gérant de portefeuilles chez Kiplink Finance, profitant ainsi aux entreprises et au moral des investisseurs.

Bons résultats d'entreprises

Les marchés ont aussi été dopés, à partir de novembre 2020, par l'arrivée des vaccins contre le Covid-19 qui ont permis la sortie de crise.

Les bons résultats d'entreprises du troisième trimestre ont ensuite permis à l'indice parisien d'accélérer dans la dernière ligne droite: "il ont agréablement surpris et ont permis d'y voir plus clair sur la santé des entreprises", estime M. Cohen.

"Les entreprises se sont bien adaptées au contexte actuel compliqué" qui mêle inflation, perturbations sur les chaînes d'approvisionnement et recrudescence des cas de Covid, ajoute-t-il.

Autre facteur explicatif, l'indice parisien est composé de valeurs qui ont été particulièrement performantes depuis le début de l'année, notamment celles du luxe qui pèsent plus d'un quart de la cote. Cela explique que le CAC 40 fasse un peu mieux depuis le début de l'année que les autres grandes places européennes ou américaines.

Le géant mondial du luxe LVMH, qui représente à lui seul près de 15 % de la capitalisation du CAC 40, a pris 34 % depuis janvier et Hermès 61 %. L'Oréal, qui compte pour environ 10 % du CAC 40, a bondi de 30 %.

"Le secteur bancaire a également enregistré de belles progressions, en lien avec la reprise économique et les anticipations de remontée des taux directeurs des Banques centrales", complète Philippe Cohen. BNP Paribas a gagné 38 % depuis début 2021, Crédit Agricole 28 %, et Société Générale a bondi de 73 %.

Et après ?

Des valeurs industrielles comme Saint-Gobain (+64% depuis le 1er janvier) et ArcelorMittal (+52 %) ont pour leur part bénéficié de la réouverture des économies et de la hausse du coût des matières premières.

Cependant, l'époque des liquidités quasi illimitées touche à sa fin.

La Réserve fédérale américaine (Fed) devrait annoncer, mercredi soir, la réduction de ses achats d'actifs, première étape du resserrement de sa politique. Son objectif est de les ramener de 120 milliards de dollars par mois actuellement, à zéro d'ici mi-2022.

Face à une inflation soutenue et puisque la reprise est en marche, le soutien exceptionnel des Banques centrales va s'estomper, mais pas disparaître, selon Philippe Cohen.

Il n'anticipe pas de correction après le retrait de ces mesures, mais "certainement une consolidation, peut-être en début d'année prochaine, parce qu'il faut bien reprendre son souffle".

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