L’œil du marché : "Une hausse des rendements incite moins les investisseurs à payer des prix élevés pour les actions"

Les Bourses européennes ont démarré dans le vert ce mercredi, tandis que les inquiétudes sur l'inflation et la pandémie de Covid-19 restent fortes.

L’œil du marché : "Une hausse des rendements incite moins les investisseurs à payer des prix élevés pour les actions"
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La Libre Eco avec AFP

La Bourse de Paris rebondissait de 0,53 %, les investisseurs profitant des quatre dernières séances de baisse pour acheter à bas prix. A 09H25 (8H25 GMT), l'indice vedette CAC 40 gagnait 37,30 points à 7.081,92 points. Mardi, il a enregistré sa quatrième séance de baisse consécutive perdant 0,85 %.

Le Dax de la

Bourse de Francfort

augmentait légèrement de 0,12 %, à 15 956.32 points. Le FTSE-100 de la

Bourse de Londres

gagnait 0,49 % à 7 301.94 points et le Bel 20 de la

Bourse de Bruxelles

grimpait de 0,53 % à 4 173.92 points.

La hausse des taux d'intérêt obligataires a plombé les actions au cours des dernières séances, et notamment celles du secteur technologique, l'indice américain Nasdaq ayant perdu plus de 2,5 % en deux jours.

"Une hausse des rendements signifie que les obligations du Trésor paient plus d'intérêts, ce qui incite moins les investisseurs à payer des prix élevés pour les actions et d'autres actifs qui constituent normalement des paris plus risqués que les obligations d'État américaines réputées 'sûres'", détaille John Plassard, responsable de l'investissement chez Mirabaud.

Ce mouvement sur le marché obligataire est poussé par les anticipations du marché d'une hausse prochaine des taux directeurs de la Réserve fédérale américaine (Fed) pour faire face à une inflation au plus haut en 30 ans aux Etats-Unis. Le compte-rendu de la dernière réunion de politique monétaire de la Fed, attendu mercredi soir, sera donc scruté par les investisseurs.

Le détail des discussions entre les membres du comité de politique monétaire y figurera et permettra d'avoir un meilleur aperçu des divergences, débats et positionnements de chacun, notamment concernant le rythme de réduction du soutien monétaire et l'aspect transitoire de l'inflation.

La secrétaire américaine au Trésor, Janet Yellen, s'attend à ce que l'inflation se modère l'année prochaine, et retombe à 0,2 % ou 0,3 % sur un mois au second semestre 2022. Les investisseurs porteront ce mercredi une grande attention à la publication de l'indice des prix PCE d'octobre, baromètre favori de la Fed.

Le marché américain étant fermé jeudi pour Thanksgiving, tous les indicateurs de fin de semaine seront publiés ce mercredi, parmi lesquels une seconde estimation du PIB au troisième trimestre, les commandes de biens durables en octobre et les dépenses de consommation au cours du même mois.

En Europe

La situation sanitaire continue d'inquiéter par ailleurs en Europe, où l'Organisation mondiale de la santé (OMS) redoute 700.000 morts supplémentaires.

"A court terme, l'enjeu pour le gouvernement est d'étendre la couverture vaccinale et d'accélérer la campagne de rappel pour les personnes les plus vulnérables", relève Christopher Dembik, directeur stratégie et macro-économie de Saxo Banque.

Le climat des affaires en France a de nouveau progressé en novembre, dépassant son niveau déjà élevé de juin dernier, notamment du fait de l'amélioration des carnets de commandes à l'export dans l'industrie, a indiqué l'Insee. Mais les dernières évolutions sanitaires pourraient rendre cet indicateur obsolète.

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