L'euro descend à son niveau le plus bas face au dollar depuis mai 2020

Les différences au niveau du ton entre les banques centrales américaine et européenne commencent à se ressentir au niveau des marchés.

L'euro descend à son niveau le plus bas face au dollar depuis mai 2020
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La Libre Eco avec AFP

L'euro trébuche à des niveaux pas vus depuis plus d'un an et demi face à un dollar américain galvanisé par le message de la Réserve fédérale (Fed) la veille, qui a signalé un resserrement de sa politique monétaire. Vers 15H00 GMT (16H00 à Paris), l'euro cédait 0,71% à 1,1160 dollar. La monnaie unique européenne a reculé jusqu'à un niveau plus atteint depuis mai 2020 à 1,1135 dollar et perd près de 2 % de sa valeur depuis le début de l'année.

Le comité de politique monétaire de la Fed "est d'avis d'augmenter les taux des fonds fédéraux lors de la réunion de mars, en supposant que les conditions soient appropriées pour le faire", a déclaré le président de l'institution, Jerome Powell, lors d'une conférence de presse. Il n'a par ailleurs pas exclu que cette première hausse soit suivie d'autres montées successives au fil des réunions de la Fed.

"Bien que (une hausse à chaque réunion) soit peu probable, l'affirmation que chaque réunion à partir de maintenant est 'active' (avec un possible resserrement de la politique monétaire, ndlr) est un message clair d'action contre l'inflation", commente Matthew Ryan, analyste chez Ebury.

Ce ton déterminé de la Fed profite au dollar, alors que l'euro pâtit de la prudence de la Banque centrale européenne (BCE), qui se réunira pour la première fois de l'année la semaine prochaine."Avec des conditions financières détériorées et de nombreuses incertitudes qui pèsent" sur la reprise économique, "nous pensons qu'un message plus agressif que prévu de la BCE le 3 février est peu probable", estime Spyros Andrepoulos, analyste chez BNP Paribas.

Dernier indice en date sur la politique monétaire à venir en zone euro : le conseil des gouverneurs de la BCE a estimé en décembre qu'un "scénario d'inflation 'plus élevée pendant plus longtemps' ne pouvait être exclu", selon le compte-rendu de leur réunion.

Mais des "inquiétudes" se sont exprimées quant à "toute réduction prématurée" des soutiens monétaires, souligne la même source.

George Saravelos, analyste chez Deutsche Bank, estime que la pression inflationniste se traduit désormais par une hausse des salaires aux États-Unis, une tendance bien moins marquée en zone euro."La pression et l'urgence d'agir en Europe est très différente" de celle qui pèse sur la Fed, juge-t-il.

Enfin, les tensions en Ukraine entre l'Occident et la Russie profite au dollar, valeur refuge, et menace l'économie de la zone euro.

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