L’œil du marché : "Les sanctions augmentent le risque d'insolvabilité des grandes banques russes"

Le Bel 20 de la Bourse de Bruxelles était dans le rouge ce lundi matin, à l'instar de ses voisins européens, après de nouvelles sanctions prises contre la Russie qui font craindre une flambée des prix de l'énergie.

La Libre Eco avec AFP
L’œil du marché : "Les sanctions augmentent le risque d'insolvabilité des grandes banques russes"
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La Bourse de Paris chutait de 3,04 % lundi, après de nouvelles sanctions prises contre la Russie qui font craindre une flambée des prix de l'énergie.

A 09H40, l'indice vedette CAC 40 perdait 206,31 points à 6.543,97 points. La place parisienne avait été fortement chahutée en fin de semaine dernière après le début de l'invasion russe en Ukraine, perdant près de 4 % jeudi avant de reprendre 3,5 % le lendemain, portant ses pertes hebdomadaires à 2,56 %.

Le Dax de la Bourse de Francfort perdait -2,36 % à 14 222.83 points vers 10H00 (9H00 GMT). Le FTSE-100 de la Bourse de Londres diminuait de 1,56 % à 7 372.80 points et le Bel 20 de la Bourse de Bruxelles était affiché à -1,86 % à 3 985.83 points.

L'offensive russe sur l'Ukraine, qui résiste avec acharnement, se poursuit lundi au lendemain de la menace nucléaire brandie par Vladimir Poutine, à laquelle les Européens ont répliqué en promettant de fournir des armes à Kiev.

Les Occidentaux ont pris de lourdes nouvelles sanctions financières contre Moscou notamment la décision d'exclure de nombreuses banques russes de la plateforme interbancaire Swift, rouage essentiel de la finance mondiale."Les sanctions augmentent le risque d'insolvabilité des grandes banques russes", commente Ipek Ozkardeskaya, analyste chez Swissquote.

La Banque centrale européenne a constaté lundi la "faillite ou faillite probable" de la filiale européenne de la banque russe Sberbank, parmi les plus grandes du pays, à cause de retraits "significatifs" des dépôts en raison du conflit en Ukraine et des sanctions. Ces mesures ont été prises par les États-Unis, la France, l'Allemagne, le Royaume-Uni, le Canada, l'Italie et la Commission européenne. Selon l'Union européenne, environ 70 % du secteur bancaire russe est actuellement concerné par les sanctions.

L'accès de la banque centrale russe aux marchés des capitaux a également été restreint, la présidente de la Commission européenne souhaitant "paralyser" ses actifs. Conséquence directe, le rouble chutait de près de 25 %.

Autre conséquence des sanctions, les prix du pétrole bondissaient de plus de 5 %, "en raison des craintes que les entreprises ne soient pas en mesure de payer le pétrole et le gaz russes, ce qui pourrait bien inciter Poutine à couper l'approvisionnement", explique Michael Hewson, analyste de CMC Markets.

Les bancaires accusent les pertes

Après les sanctions prononcées par les Occidentaux, les banques sont particulièrement touchées par la baisse. La Société Générale, présente en Russie via sa filiale Rosbank, perdait ainsi 7,50 % à 26,31 points à 09H20. De son côté, BNP Paribas chutait de 7,07 % à 52,73 points et Crédit Agricole lâchait un peu plus de 5 % à 11,44 points.

Renault en forte chute

Renault, présent en Russie via sa filiale Avtovaz, dévissait de 7,71 % à 28,19 points. Son concurrent Stellantis, né de la fusion de Peugeot-Citroën et Fiat-Chrysler, perdait 4,53 % à 16,13 points.

Les équipementiers Faurecia et Valeo étaient eux aussi à la peine à respectivement -5,08 % (à 34,19 points) et -4,35 % (à 20,22 points) vers 09H30.

Dassault Aviation et Thales portés par le conflit

Le secteur de la défense est au contraire favorisé par le conflit entre l'Ukraine et la Russie, en particulier après l'annonce dimanche par l'Union européenne de sa décision de débloquer 450 millions d'euros pour fournir des armes à l'Ukraine. Thales gagnait ainsi 13,29 % à 103,90 points peu après 09H30, tandis que Dassault Aviation montait de 9,64 % à 136,50 points.