Le baril de pétrole grimpe au-delà des 110 dollars et dépasse ses sommets de 2014

Les prix du baril s'affolent et continuent de grimper. Pour faire face, l'Agence internationale de l'énergie (AIE) et ses membres, Etats-Unis en tête, vont libérer 60 millions de barils. "Ma plus grande priorité est de ramener les prix sous contrôle", a insisté Joe Biden.

La Libre Eco avec AFP
A l'occasion de son premier discours sur l'état de l'Union, Joe Biden a annoncé des mesures conjointes avec l'AIE pour contenir les prix du pétrole.
A l'occasion de son premier discours sur l'état de l'Union, Joe Biden a annoncé des mesures conjointes avec l'AIE pour contenir les prix du pétrole. ©AFP

Les prix du pétrole continuent leur flambée, le baril de Brent dépassant les 110 dollars pour la première fois depuis 2014, poussés par la guerre en Ukraine et les craintes pour l'approvisionnement mondial. Le prix du baril de brent de la mer du Nord pour livraison en mai atteignait 110,87 dollars vers 03H00 GMT en Asie.

Quelques instants plus tard, c'est le prix du baril de pétrole de WTI américain qui a dépassé les 110 dollars, un record depuis 2014. Vers 07H30 GMT, le West Texas Intermediate (WTI) a atteint 110,18 dollars le baril, quelques heures après que le Brent eut également dépassé le seuil des 110 dollars.

Les investisseurs craignent un brusque déclin des exportations de pétrole par la Russie en raison des sanctions internationales.

"Les problèmes de la chaîne d'approvisionnement et les pressions inflationnistes restent la première préoccupation de nombreux investisseurs dans le monde", a expliqué Andy McCormick, analyste chez T. Rowe Price.

La Russie est le deuxième plus grand exportateur de pétrole brut au monde et représente plus de 40% des importations annuelles de gaz naturel de l'Union européenne.

Le conflit en Europe de l'Est intervient au moment où les prix étaient déjà en train de s'envoler en raison de l'insuffisance de l'offre et d'une forte reprise de la demande dans le monde provoquée par la levée des restrictions contre le coronavirus dans de nombreux pays. Une réunion de l'OPEP, pendant laquelle la Russie sera présente, doit se tenir mercredi. La possibilité d'augmenter la production afin de tempérer la hausse des prix y sera discutée.

Les Etats-Unis libèrent une partie de leurs réserves en pétrole

En attendant, Joe Biden a annoncé lors de son discours sur l'état de l'Union que les Etats-Unis allaient débloquer 30 millions de barils de pétrole provenant des réserves stratégiques, soit la moitié de la quantité décidée par les pays membres de l'Agence internationale de l'énergie (AIE) avec l'objectif de stabiliser les prix qui flambent après l'invasion de l'Ukraine par la Russie.

"Les Etats-Unis ont travaillé avec 30 autres pays pour débloquer 60 millions de barils de pétrole des réserves du monde entier", a déclaré le président américain aux membres du Congrès lors de son premier discours sur l'état de l'Union."L'Amérique dirigera cet effort, débloquant 30 millions de barils de pétrole", a-t-il ajouté, soulignant que Washington était "prêt à faire plus, si nécessaire".

Plus tôt, l'AIE avait souligné que la décision de débloquer 60 millions de barils des réserves stratégiques était une façon d'"envoyer un message uni et fort aux marchés pétroliers mondiaux sur le fait qu'il n'y aura pas de pénurie d'offre résultant de l'invasion russe en Ukraine".

Selon le dernier rapport hebdomadaire de l'agence américaine d'informations sur l'énergie, les Etats-Unis disposaient de 582 millions de barils dans ses réserves stratégiques de pétrole.