L'œil du marché : "Le deuxième trimestre 2022 va commencer aussi confus que le premier a terminé"

Les Bourses européennes dans le vert ce vendredi matin, font face aux inquiétudes grandissantes concernant l'impact économique mondial de l'invasion russe en Ukraine et des reconfinements locaux en Chine.

La Libre Eco avec AFP
L'œil du marché : "Le deuxième trimestre 2022 va commencer aussi confus que le premier a terminé"
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Les marchés évitaient les prises de risque vendredi, face aux inquiétudes grandissantes concernant l'impact économique mondial de l'invasion russe en Ukraine et des reconfinements locaux en Chine.

La prudence prédominait sur le Vieux Continent au lendemain d'une forte baisse : la Bourse de Paris grappillait 0,20 %, la Bourse de Francfort 0,09 % et la Bourse de Londres 0,28 % sur fond de volatilité une heure après l'ouverture. Le Bel 20 de la Bourse de Bruxelles affichait quant à lui +0,53 % à 4 180.97 points vers 11H00 (9H00 GMT).

L'Asie a fini dans le rouge à Tokyo (-0,56 %), Hong Kong (-0,2 %) et Shanghai (-0,9 %). Les nouvelles économiques ne sont pas encourageantes: l'activité manufacturière est tombée en mars à son niveau le plus bas depuis deux ans en Chine, en raison des mesures sanitaires anti-Covid-19.

Et la confiance des grandes entreprises manufacturières japonaises a rechuté par rapport au dernier trimestre 2021, selon la Banque du Japon.

Les investisseurs ont connu un premier trimestre terni par la volonté des banques centrales d'accélérer la normalisation des conditions monétaires malgré les incertitudes économiques, puis par l'invasion russe en Ukraine et le reconfinement de dizaines de millions de Chinois, notamment dans le nord-est du pays.

Le deuxième trimestre 2022 "va commencer aussi confus que le premier trimestre a terminé, avec des marchés secoués par une multitude de vents contraires et sans visibilité pour l'avenir", indique Jeffrey Halley, analyste chez Oanda. En outre, "le poker autour du gaz russe continue", relève de son côté Jürgen Molnar, analyste chez RoboMarkets.

Si la Russie ferme le robinet de gaz, cela pourrait "plonger l'économie allemande dans sa pire crise depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale", a prévenu Martin Brudermüller, PDG du géant de la chimie BASF (+0,87 %), à la Frankfurter Allgemeine Zeitung.

"Quelle que soit la durée de la guerre en Ukraine, des sanctions internationales contre la Russie, des perturbations générées par l'épidémie du Covid-19 en Chine, la croissance restera contrainte et l'inflation sera forte", estime Christian Parisot, conseiller économique pour Aurel BGC.

Pour cette première séance d'avril, les investisseurs se pencheront donc avec attention sur l'inflation de mars dans la zone euro et le rapport mensuel sur l'emploi américain. Des chiffres solides devraient conforter les attentes du marché d'une accélération de la normalisation des conditions monétaires dans le but de briser l'inflation.

Le marché de la dette souveraine, qui a connu un très mauvais premier trimestre, se tendait fortement: vers 08H20 GMT, les rendements américains à dix ans avançaient de 10 points de base à 2,43 % à quelques encablures du taux à deux ans.

Le pétrole recule, le WTI sous les 100 dollars

Les cours du brut continuaient de reculer à la suite de la décision des États-Unis de puiser un million de barils par jour dans les réserves stratégiques d'or noir pendant six mois pour augmenter l'approvisionnement de pétrole, un geste en direction des ménages qui pâtissent de la flambée des prix.

Le baril de Brent de la mer du Nord pour livraison en juin, dont c'est le premier jour d'utilisation, lâchait 1,33 % à 103,33 dollars.

Le baril de West Texas Intermediate (WTI) abandonnait 1,65 % à 98,63 dollars.

L'euro se stabilisait face au dollar, grappillant 0,07 % à 1,074 dollar vers 08H20 GMT.

33 titres suspendus à Hong Kong

Plus de 30 entreprises, dont au moins deux grands promoteurs immobiliers chinois, Shimao Group et Sunac China, ont vu la négociation de leurs actions interrompue à Hong Kong vendredi après avoir omis de communiquer leurs résultats annuels.

Euroapi, filiale de Sanofi, en Bourse début mai

Sanofi (+1,01 % à 93,44 euros) a annoncé vendredi que la cotation en Bourse de Paris de sa filiale de principes actifs pharmaceutiques Euroapi aura lieu le 6 mai ayant reçu l'approbation de l'Autorité des marchés financiers (AMF). Le groupe confirme qu'il prévoit de garder 30% du capital et des droits de vote de cette filiale et d'en mettre 58 % en Bourse. Les 12 % restants devraient donc être détenus par l'État, même s'il ne s'agira pas d'une participation directe.