"Va-t-en Gota" : Échanges interrompus à la Bourse du Sri Lanka après un plongeon de 5,9 %

La Bourse de Colombo a interrompu ses échanges quelques secondes après l'ouverture lundi, l'indice des valeurs vedettes ayant plongé de 5,92%, à la suite de la démission du gouvernement dans la nuit. Le gouverneur de la banque centrale a également annoncé sa démission.

La Libre Eco avec AFP
Vingt-six ministres, à l'exception du président Gotabaya Rajapaksa et de son frère aîné le Premier ministre Mahinda Rajapaksa, ont présenté leur lettre de démission lors d'une réunion qui s'est tenue tard dans la nuit de dimanche à lundi.
Vingt-six ministres, à l'exception du président Gotabaya Rajapaksa et de son frère aîné le Premier ministre Mahinda Rajapaksa, ont présenté leur lettre de démission lors d'une réunion qui s'est tenue tard dans la nuit de dimanche à lundi. ©BELGA

La Bourse de Colombo au Sri Lanka a interrompu ses échanges quelques secondes après l'ouverture lundi, l'indice des valeurs vedettes ayant plongé de 5,92 %, dans un contexte de crise politique qui s'ajoute aux difficultés économiques du pays.

L'indice S&P est passé sous la barre des 5,00 %, déclenchant l'interruption des transactions pour une période de refroidissement d'une demi-heure, a indiqué la Bourse de Colombo.

Un nouveau gouvernement et des manifestations attendus

Le président sri-lankais devait nommer un nouveau gouvernement lundi, alors que les forces de sécurité se préparaient à d'éventuelles violences avec de nouvelles manifestations contre l'aggravation des pénuries de nourriture, de carburant et de médicaments.

Vingt-six ministres, à l'exception du président Gotabaya Rajapaksa et de son frère aîné le Premier ministre Mahinda Rajapaksa, ont présenté leur lettre de démission lors d'une réunion qui s'est tenue tard dans la nuit de dimanche à lundi.

Cette démission en bloc ouvre la voie à la nomination d'un nouveau gouvernement par le président, lundi, qui pourrait y inclure certains des ministres démissionnaires.

Le pays de 22 millions d'habitants souffre de pénuries de biens essentiels, produits alimentaires, carburant, médicaments, de coupures d'électricité et d'une inflation record, sans que rien ne laisse présager la fin des difficultés économiques.

Le gouvernement, qui a reconnu qu'il s'agissait de la pire crise économique depuis l'indépendance vis-à-vis de la Grande-Bretagne en 1948, a demandé l'aide du Fonds monétaire international (FMI), mais les négociations pourraient durer jusqu'à la fin de l'année.

L'armée et la police ont été placées en état d'alerte élevée, alors qu'un couvre-feu de 36 heures a pris fin à l'aube lundi, et ce malgré les rapports des services de renseignement mettant en garde contre de nouveaux troubles, a déclaré à l'AFP un haut responsable de la sécurité.

Nouvelles manifestations

"

Selon nos indications, nous pouvons nous attendre à de nouvelles manifestations

", a-t-il dit, réaffirmant que l'armée avait été habilitée à détenir des suspects dans le cadre de l'état d'urgence déclaré vendredi.

Le président Gotabaya Rajapaksa avait imposé l'état d'urgence vendredi, au lendemain d'une tentative d'assaut de sa résidence à Colombo par une foule en colère.

Tout au long de la soirée de dimanche, des centaines de personnes ont manifesté, tout en restant pacifiques, dans plusieurs villes de l'île pour dénoncer la gestion de la crise par le président Rajapaksa.

"Va-t-en Gota, va-t-en Gota", hurlaient les manifestants à Rajagiriya, près du parlement, tandis qu'à Negombo, près du principal aéroport international, la foule scandait "Gota recalé, recalé, recalé".

Le couvre-feu de dimanche, qui a duré toute la journée, a empêché l'organisation de manifestations plus importantes grâce au blocage des réseaux sociaux Twitter, Facebook, Whatsapp, YouTube et Instagram dénoncé par la principale alliance de l'opposition, le Samagi Jana Balawegaya (SJB).

La censure des réseaux sociaux a été levée plus tard dans la journée, la Commission des droits de l'homme ayant jugé qu'elle était illégale.

Des militants ont prévenu que des manifestations de plus grande ampleur se dérouleraient lundi dans plusieurs villes clés pour appeler à la démission du président Rajapaksa et son clan.

De mauvaises décisions politiques ont aggravé les problèmes, selon les économistes. Des réductions d'impôts malavisées juste avant la pandémie ont privé l'État de recettes et creusé la dette.

Le gouverneur de la banque centrale annonce sa démission

Le gouverneur de la banque centrale du Sri Lanka, qui avait résisté à un afflux d'appels en faveur d'un renflouement par le FMI, a annoncé sa démission ce lundi.

Ajith Cabraal a déclaré qu'il démissionnait au lendemain du départ en bloc des 26 (des 28) membres du gouvernement, afin de permettre à une nouvelle administration de gérer la crise.