L'œil du marché : "Les marchés craignent que la Fed n'aille plus loin et plus longtemps"

La Bourses européennes ont ouvert en forte baisse vendredi, après des propos du président de la Banque centrale américaine suggérant de fortes hausses de taux à venir.

La Libre Eco avec AFP
L'œil du marché : "Les marchés craignent que la Fed n'aille plus loin et plus longtemps"
©Shutterstock

Les déclarations volontaristes du patron de la banque centrale américaine (Fed) ont jeté vendredi un froid sur les marchés boursiers et ont fait grimper les taux obligataires. Les Bourses européennes ont ouvert en forte baisse. Vers 07H45 GMT, la Bourse de Paris perdait 1,20 %.

L'indice Dax de la Bourse de Francfort affichait -1,24 % à 14 322.17 points, vers 9H25 (7H25 GMT). Le FTSE-100 de la Bourse de Londres perdait 0,49 % à 7 590.93 points et le Bel 20 de la Bourse de Bruxelles baissait de 0,79 % à 4 232.31 points.

En Asie, la Bourse de Hong Kong cédait 0,35 %, celle de Shanghai a grappillé 0,23 %, et Tokyo a clôturé à -1,63 %.

Les places chinoises subissaient les inquiétudes relatives à la situation sanitaire dans le pays, notamment à Shanghai où des millions d'habitants sont toujours confinés, malgré un léger assouplissement mercredi des restrictions.

Après une ouverture en hausse notable jeudi, les indices de Wall Street se sont retournés et ont perdu de 1 % pour le Dow Jones à 2 % pour le Nasdaq.

Lors d'une table ronde organisée jeudi en marge des assemblées de printemps du Fonds monétaire international (FMI), le président de la Fed, Jerome Powell, a déclaré qu'une hausse de taux d'un demi-point de pourcentage serait "sur la table lors de la réunion de mai" (les 3 et 4).

Michael Hewson, analyste de CMC Markets, ne s'étonne pas de ces propos, rappelant que "pratiquement tous les membres" du comité monétaire de la Fed ont émis l'hypothèse d'une hausse de 50 points de base.

Cependant, les marchés craignent selon lui "que la Fed n'aille plus loin et plus longtemps, c'est-à-dire qu'elle procède à deux autres hausses de 50 points de base d'ici la fin de l'été".

Quant à la Banque centrale européenne (BCE), sa présidente Christine Lagarde a assuré jeudi que le moment exact de la fin du programme d'achat net de dettes dépendrait des indicateurs économiques, quelques heures après que le vice-président de l'institution eût évoqué le mois de juillet. La BCE a officiellement fixé le cap du troisième trimestre 2022 pour arrêter d'acheter de nouvelles obligations sur les marchés.

La réaction a été immédiate sur le marché obligataire: le rendement des obligations d'État américaines à 10 ans est monté jeudi jusqu'à 2,95 %, non loin de son plus haut de trois ans et demi atteint mercredi (2,97 %). Celui de l'emprunt souverain allemand a bondi de neuf points de base jeudi, s'établissant à 0,943 %.

Vendredi en début de séance européenne, ils étaient stables. Après des soubresauts jeudi, l'euro cédait 0,17 % par rapport au dollar à 1,0815 dollar vers 07H40 GMT.

"La seule chose qui pourrait inverser la tendance à la baisse des actions américaines, ce sont les résultats d'entreprises", avance Ipek Ozkardeskaya, analyste pour la banque Swissquote. 80% des entreprises du S&P 500 qui ont dévoilé leurs résultats du premier trimestre "ont surpris à la hausse", selon elle.

Kering fait reculer le luxe

L'action Kering chutait de 6,36 % vendredi matin à la Bourse de Paris, après la publication du chiffre d'affaires du groupe de luxe qui révèle des ventes décevantes pour Gucci, selon les investisseurs. La situation sanitaire en Chine a notamment eu un impact.

Tous le secteur du luxe reculait, dans le sillage de Kering: LVMH perdait 2,10 %, Hermès 2,95 %, Burberry 2,84 %, Moncler 3,69 %, Salvatore Ferragamo 2,57 % ou encore Richemont, qui cédait 3,36 %.

SAP chiffre l'impact du retrait de Russie

Le premier éditeur européen de logiciels SAP (-3,22 % à 96,20 euros) a fait état d'une hausse de 11 % au premier trimestre de son chiffre d'affaires, à 7,1 milliards d'euros. La fin des activités en Russie devrait peser à hauteur de 300 millions d'euros sur les ventes cette année, a précisé l'entreprise.

Du côté du pétrole et du bitcoin

Vers 07H30 GMT, le baril de Brent de la mer du Nord pour livraison en juin reculait de 0,78 % à 107,46 dollars.

Le baril de West Texas Intermediate (WTI) américain pour livraison le même mois perdait 0,67 % à 103,10 dollars.

Le bitcoin baissait de 0,60 % à 40.390 dollars.

Sur le même sujet