Après deux semaines de fermeture, les échanges à la Bourse du Sri Lanka plongent de 12,6 %

Le marché ont donc été interrompu et restera fermé toute la journée.

Les titres ont perdu près de 40 % de leur valeur depuis janvier et la monnaie locale a chuté d'un montant équivalent par rapport au billet vert au cours du mois dernier.
Les titres ont perdu près de 40 % de leur valeur depuis janvier et la monnaie locale a chuté d'un montant équivalent par rapport au billet vert au cours du mois dernier. ©Shutterstock
La Libre Eco avec AFP

La Bourse du Sri Lanka a fermé une nouvelle fois lundi après le plongeon de 12,6 % de l'indice des valeurs vedettes au cours de sa première séance après deux semaines de clôture.

L'île d'Asie du Sud, en proie à sa pire crise économique depuis son indépendance en 1948, manque de dollars pour financer l'importation de produits de première nécessité, (denrées alimentaires, carburants, médicaments). Les pénuries généralisées ont provoqué des manifestations quotidiennes dans tout le pays.

"Le marché a été interrompu et sera fermé pour le reste de la journée en raison de la chute de plus de 10 % de l'indice S&P SL20 par rapport à la clôture précédente", a annoncé la Bourse de Colombo dans un communiqué. Les titres ont perdu près de 40 % de leur valeur depuis janvier et la monnaie locale a chuté d'un montant équivalent par rapport au billet vert au cours du mois dernier.

Lundi, était la première matinée d'échanges à la Bourse de Colombo, depuis les vacances du Nouvel An sri-lankais qui ont duré une semaine, et l'interruption des échanges pendant cinq jours, après l'augmentation des taux d'intérêt et l'annonce du défaut sur la dette extérieure du pays de 51 milliards de dollars.

Chute de 7 % en moins d'une minute

L'indice local S&P a chuté de 7 % dans la première minute d'échanges, sous le plancher des 5 % activant leur interruption automatique d'une demi-heure.

Après une brève reprise, les titres ont continué de chuter incitant le marché à déclarer un nouvel arrêt des échanges pour le reste de la journée.

L'économie du pays s'est effondrée après la crise due à la pandémie de coronavirus qui a notamment anéanti le secteur du tourisme, principal pourvoyeur de devises étrangères.

Des responsables sri-lankais étaient à Washington la semaine dernière pour des pourparlers avec le Fonds monétaire international (FMI) en vue d'un renflouement mais, selon des sources officielles, il n'y a aucun financement d'urgence en perspective.

"Lorsque le FMI détermine que la dette d'un pays n'est pas viable, ce dernier doit prendre des mesures pour rétablir la viabilité de sa dette avant d'obtenir un prêt du FMI", avait prévenu mercredi le directeur de la mission du Fonds pour le Sri Lanka, Masahiro Nozaki, dans un communiqué.

Le ministre des Finances Ali Sabry, également du voyage, a averti vendredi que l'île de 22 millions d'habitants allait encore souffrir de la situation économique quelques années.

"Années douloureuses" en perspective

"La situation va s'aggraver avant de s'améliorer", a déclaré M. Sabry aux journalistes. "Les quelques années à venir vont être douloureuses".

Colombo compte désormais sur l'aide bilatérale de l'Inde, de la Chine et du Japon pour maintenir le pays à flots, a déclaré à l'AFP une source du ministère des Finances.

Mais la colère de la population, qui exige la démission du gouvernement des Rajapaksa est à son comble. Plusieurs milliers d'étudiants se sont massés dimanche près de la résidence du Premier ministre sri-lankais Mahinda Rajapaksa à Colombo. Des dirigeants étudiants ont escaladé le mur qui entoure la propriété de M. Rajapaksa après que la police eut dressé des barricades sur plusieurs artères autour de la capitale afin d'empêcher une jonction entre les protestataires et d'autres manifestants.

Samedi, le Premier ministre a refusé de partir, malgré le soutien apporté par son ministre des Médias et des responsables de son parti aux manifestants appelant à sa démission.

"Vous pouvez bloquer la route, mais vous ne pouvez pas arrêter notre lutte jusqu'à ce que tout le gouvernement parte", a averti un leader des étudiants non identifié.

La police a indiqué que Mahinda Rajapaksa, chef du clan familial, ne se trouvait pas sur les lieux au moment de la manifestation et que la foule s'était dispersée de façon pacifique.

Depuis plus de deux semaines, des milliers de protestataires campent quotidiennement devant le bureau de son frère le président Gotabaya Rajapaksa. La semaine dernière un homme a été abattu par des tirs de la police lors d'une manifestation à Rambukkana, au centre de l'île.

Sur le même sujet