L’œil du marché : "D'autres interrogations ont rapidement pris le dessus" sur la réélection d'Emmanuel Macron

Les Bourses européennes ont chuté à l'ouverture, plombées par le risque de resserrement sévère de la politique monétaire américaine et la situation sanitaire en Chine qui occultent la réélection du président français Emmanuel Macron.

L’œil du marché : "D'autres interrogations ont rapidement pris le dessus" sur la réélection d'Emmanuel Macron
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La Libre Eco avec Belga et AFP

À 9H20 (8H20 GMT), le Bel 20 à la Bourse de Bruxelles était en baisse de 1,93 %, à 4 106,60 points. De leur côté, le Dax à la Bourse de Francfort diminuait de 1,92 %, à 13 870,68 points et le FTSE-100 à la Bourse de Londres, de 1,66 %, à 7 396,60 points.

La Bourse de Paris reculait de 1,83 % : l'indice vedette CAC 40 perdait 120,39 points à 6 461,03 points vers 10H15. Vendredi déjà il avait perdu près de 2 %, inquiet des déclarations du patron de la Réserve fédérale (Fed), et était stable sur la semaine.

Emmanuel Macron a été réélu dimanche à la présidence de la République avec plus de 58% des voix face à Marine Le Pen (environ 42 %). Mais la place parisienne faisait fi de ce dénouement, constate John Plassard, spécialiste en investissement de Mirabaud. Les investisseurs tablaient depuis des semaines sur une victoire du président sortant et les marchés n'avaient presque pas montré de signe de stress durant la campagne.

"D'autres interrogations ont rapidement pris le dessus, dont l'explosion des nouveaux cas de Covid-19 en Chine avec la crainte qu'un confinement sans précédent pourrait prendre place à Pékin sous peu", observe M. Plassard. La quasi-totalité des 25 millions d'habitants de la capitale économique chinoise Shanghai sont confinés depuis début avril, perturbant les chaînes d'approvisionnement. Et la menace d'un confinement, après une rare flambée épidémique, menace désormais Pékin. Face à cette situation qui risque de peser sur la production, la consommation des ménages, les exportations et donc toute l'activité économique du pays, les prix du pétrole et des actions du luxe et des matières premières chutaient.

Ce contexte défavorable aux Bourses est complété par les anticipations d'un resserrement monétaire plus strict et plus rapide que prévu de la banque centrale américaine.

Face à l'inflation, Jerome Powell, président de la Fed, a dit jeudi qu'une hausse des taux directeurs d'un demi-point de pourcentage "était sur la table" pour la prochaine réunion monétaire de début mai.

Ainsi vendredi, la Bourse de New York avait déjà terminé sur une sévère perte, le Dow Jones enregistrant sa pire baisse journalière depuis octobre 2020. Ces propos "ont eu un impact fortement négatif sur les indices et la tendance pourrait se poursuivre jusqu'au moins au FOMC (comité de politique monétaire de la Fed, NDLR) du 4 mai, lors duquel la Fed devrait annoncer une hausse de 50 points de base et confirmer l'accélération des hausses de taux dans les mois à venir", prévient Vincent Boy, analyste d'IG France.

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