L’œil du marché : "Les marchés sont de plus en plus nerveux face aux risques croissants de stagflation"

Les Bourses européennes ont ouvert sans réelle tendance, circonspectes et prudentes face à une vague de résultats d'entreprises et des mauvaises nouvelles pour la croissance économique.

La Libre Eco avec AFP
L’œil du marché : "Les marchés sont de plus en plus nerveux face aux risques croissants de stagflation"
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À 9H20 (8H20 GMT), le Bel 20 à la Bourse de Bruxelles diminuait de 0,46 %, à 4 093,25 points, perturbé par la situation géopolitique en Europe et assaillie de résultats d'entreprises.

La Bourse de Paris évoluait proche de l'équilibre (+0,08 %) : l'indice vedette CAC 40 prenait 5,24 points à 6.419,87 points vers 10H45, après trois séances consécutives de baisse. À 9H20 (8H20 GMT), le DAX à la Bourse de Francfort baissait légèrement de 0,06 %, à 13 748,28 points. Le FTSE-100 à la Bourse de Londres, quant à lui, évoluait à la hausse (+0,16 %), à 7 397,88 points.

"Les marchés sont de plus en plus nerveux face aux risques croissants de stagflation", situation où se mélangent inflation élevée et croissance atone, rappelle Xavier Chapard, analyste de LBPAM. Leur moral était déjà entaché par des craintes que la réduction du soutien monétaire des banques centrales et les confinements en Chine n'affectent l'activité économique mondiale.

L'annonce du groupe russe Gazprom de suspendre toutes ses livraisons de gaz vers la Bulgarie et la Pologne, assurant que ces deux pays membres de l'Union européenne n'avaient pas effectué de paiement en roubles, accroit les incertitudes concernant la conjoncture. Cette nouvelle faisait déjà grimper le prix du contrat de référence européen de gaz naturel de plus de 20 % en deux jours et a poussé l'euro à un plus bas en cinq ans.

Les déclarations du chef de la diplomatie russe Sergueï Lavrov de lundi, jugeant le risque de Troisième guerre mondiale "réel" avait déjà refroidi l'atmosphère.

L'inflation, qui s'est établie à 7,5 % en mars dans la zone euro, "pourrait augmenter encore si les importations d'énergie de la Russie sont davantage affectées", prévient Xavier Chapard.

Signes de l'aversion au risque des investisseurs, ils se sont tournés ces deux derniers jours vers les obligations, jugées plus sûres que les actions, et le dollar, une valeur refuge.

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