Flash-krach : Les Bourses européennes creusent leurs pertes en milieu de séance

Les Bourses européennes accentuaient leurs pertes en milieu de séance, face aux craintes concernant la croissance, après la publication d'indicateurs économiques passables en Chine et dans la zone euro.

La Libre Eco avec AFP
Bourse du Commerce de Paris.
Bourse de Commerce de Paris. ©Shutterstock

La publication d'indices européens a provoqué un krach de courte durée du Bel 20 et de ses voisins européens ce lundi matin.

Les Bourses européennes accentuaient leurs pertes en milieu de séance, face aux craintes concernant la croissance, après la publication d'indicateurs économiques passables en Chine et dans la zone euro.

Vers 12H05 GMT, Paris perdait 2 %, l'indice européen de référence l'Eurostoxx 50 cédait 2,16 % et Amsterdam chutait même de 2,64 %. Les places de Francfort (-1,24 %) et Milan (-1,69 %) baissaient plus modérément. Vers 14H30, le Bel 20 perdait 1,31 %, à 4 052,39 points. Londres était pour sa part fermée pour un jour férié.

Les Bourses européennes ont d'ailleurs connu vers 08H00 GMT une chute aussi brutale que spontanée: Paris s'est enfoncée de 3,4 %, et Stockholm a même dévissé de 8 %.

"Crack éclair"

Un "crack éclair" aux fondements flous, selon certains analystes.

Pour Andrea Tuéni, analyste de Saxo Banque, la publication d'une croissance du secteur manufacturier au plus bas depuis janvier 2021 dans la zone euro en avril (indice PMI Composite de S&P Global) est le seul indicateur notable pour les marchés ce lundi. Le rapport montre que "le secteur manufacturier en zone euro va traverser une période un peu compliquée", indique-t-il à l'AFP.

D'autant plus que cet indicateur arrive après la publication d'une activité manufacturière en avril en Chine à son niveau le plus bas depuis février 2020, en raison des confinements de grandes villes du pays. Les mesures sanitaires ne s'assouplissent pas et, à Pékin, les autorités ont annoncé samedi les renforcer en rendant obligatoires de nouveaux tests pour accéder à certains lieux publics.

Les prix du pétrole en baisse

Les prix du pétrole étaient eux affectés par les craintes concernant la demande chinoise et par le 6e paquet de sanctions préparé par la Commission européenne contre l'écosystème pétrolier de la Russie.

Vers 12H00 GMT, le baril de Brent de la mer du Nord pour livraison en juillet, dont c'est le premier jour d'utilisation comme contrat de référence, était en baisse de 3,12 % à 103,75 dollars. Le baril de West Texas Intermediate (WTI) américain pour livraison en juin perdait 4,05 % à 100,45 dollars.

Réunion de la Fed

Les investisseurs ont également en tête la réunion de politique monétaire de mardi et mercredi de la Fed.

"Face à une inflation qui ne cesse de surprendre à la hausse, la Fed doit rattraper le temps perdu et agir vite et fort", estime Franck Dixmier, responsable de la gestion des taux à AllianzGI.

Après une hausse de 0,25 point de pourcentage de ses taux directeurs en mars, la Fed entérinera cette fois-ci, sauf surprise, une hausse d'un demi-point de pourcentage et devrait également acter le début de la réduction de son bilan, pour tenter de lutter contre une inflation au plus haut depuis 40 ans aux États-Unis.

"L'enjeu dans l'exécution de la normalisation de sa politique monétaire sera toutefois d'assurer un atterrissage en douceur de l'économie américaine", poursuit Franck Dixmier, "tout en conservant un marché du travail dynamique, et en évitant par-dessus tout de provoquer une entrée en récession".

Sur le marché obligataire, les taux d'intérêt souverains étaient stables vers 12H00 GMT.

L'auto et les tech pénalisées

Les secteurs dépendants de la croissance économique reculaient lundi, comme l'automobile, avec Stellantis qui perdait 3,21 %, Renault 1,80 % et BMW 1,16 %.

Les valeurs de la technologie, qui ont besoin de taux bas pour financer leur croissance et pour la valorisation de leurs bénéfices à long terme, reculaient face à la remontée des rendements. STMicroelectronics cédait 3,58%, Dassault Systèmes 3,47 % et Infineon 3,11 %.

Du côté de l'euro et du bitcoin

L'euro perdait 0,27 % à 1,0518 dollar, un niveau historiquement bas.

Le bitcoin gagnait 0,54 % à 38.520 dollars.

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