Uber chute à Wall Street après une lourde perte au premier trimestre

Le chiffre d'affaires trimestriel d'Uber s'élève toutefois à 6,9 milliards de dollars, supérieur aux attentes et en hausse de 136 % sur un an.

Le groupe attribue cette perte principalement à des "vents contraires" liés à sa participation dans plusieurs entreprises à la santé financière chancelante.
Le groupe attribue cette perte principalement à des "vents contraires" liés à sa participation dans plusieurs entreprises à la santé financière chancelante. ©AP
La Libre Eco avec AFP

Le groupe américain de réservation de véhicules avec chauffeur(VTC) Uber plongeait mercredi à Wall Street après avoir encaissé une lourde perte nette au premier trimestre, tandis que son rival Lyft s'effondrait en anticipation d'importantes dépenses. L'action d'Uber perdait environ 11 %, à 26,16 dollars, en début de séance new-yorkaise. Celle de Lyft chutait de près de 34 %, à 20,43 dollars.

Uber, qui a publié ses résultats financiers avant l'ouverture du marché, a fait part d'une perte nette de 5,9 milliards de dollars de janvier à mars, contre 108 millions l'an dernier.

Le groupe attribue cette perte principalement à des "vents contraires" liés à sa participation dans plusieurs entreprises à la santé financière chancelante, à savoir la plateforme singapourienne de VTC Grab, la start-up de véhicules autonomes Aurora et le "Uber chinois" Didi.

Chiffre d'affaires en hausse de 136 %

En revanche, Uber a réalisé un chiffre d'affaires trimestriel de 6,9 milliards de dollars, supérieur aux attentes et en hausse de 136 % sur un an.

La plateforme a également fait part d'une hausse de 17% de son nombre de clients actifs mensuels, qui s'est établi à 115 millions, et d'une augmentation de 121% de son nombre de nouveaux conducteurs.

"Vous avez dû entendre parler la nuit dernière des difficultés rencontrées par l'un de nos concurrents aux Etats-Unis", a lancé mardi le patron d'Uber, Dara Khosrowshahi, lors d'une conférence avec des analystes, en référence aux déboires de Lyft en sous-entendant que son groupe ne connaissait pas les mêmes problèmes.

Sans fournir de chiffres précis, le principal rival californien d'Uber a laissé entendre qu'il allait mieux rémunérer ses chauffeurs pour répondre à la demande, ce qui pourrait engendrer des dépenses considérables.

"Alors que nous sortons d'Omicron, nous voulons investir davantage dans notre offre de chauffeurs au deuxième trimestre", a indiqué mardi soir la directrice financière de Lyft, Elaine Paul, à des analystes de Wall Street.

Le groupe indique que son bénéfice avant intérêts, impôts, dépréciation et amortissement se situerait entre 10 et 20 millions de dollars entre avril et juin, bien en-dessous des 55 millions de dollars rapportés de janvier à mars.

"Les investisseurs espéraient que les dépenses pour séduire les chauffeurs faisaient partie du passé, mais Lyft continue d'investir pour attirer davantage de chauffeurs sur sa plateforme en anticipant un bond de de la demande avec la poursuite de la réouverture de l'économie", notent Dan Ives et Ygal Arounian, analystes pour Wedbush Securities.

Sur le trimestre, la plateforme a enregistré un chiffre d'affaires de 876 millions de dollars, au-dessus des attentes. Elle a limité ses pertes nettes à 197 millions de dollars, contre 427 millions de dollars l'an dernier.

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