L'œil du marché : "Il y a des inquiétudes sur l'accélération du ralentissement chinois"

Les Bourses mondiales se repliaient encore ce lundi, restant dans la tendance de la semaine passée avec les craintes sur l'activité en Chine et les conséquences de la guerre en Ukraine.

La Libre Eco avec AFP
L'œil du marché : "Il y a des inquiétudes sur l'accélération du ralentissement chinois"
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Vendredi, l'indice des marchés mondiaux MSCI avait terminé une cinquième semaine de baisse consécutive, alors que les taux d'intérêt en Europe et aux Etats-Unis ont continué de grimper à des niveaux plus vus depuis plusieurs années.

L'orientation à la baisse demeurait lundi mais dans une moindre mesure en Europe. Après une franche ouverture dans le rouge, les indices limitaient leurs pertes dans les premiers échanges: la Bourse de Paris reculait de 0,25 %, la Bourse de Londres de 0,11 %, la Bourse de Francfort de 0,08 %, Milan de 0,03 % peu après 07H15 GMT. Vers 9H30 (7H30 GMT), le Bel 20 de la Bourse de Bruxelles perdait 0,70 %, à 3 993.07 points.

En Asie, Tokyo a terminé en fort repli de 2,53 %, restant vivement préoccupée par la hausse des taux d'intérêt aux Etats-Unis et l'inflation américaine. Shanghai montait de 0,09 % dans les derniers échanges alors qu'Hong Kong était fermée.

Les exportations de la Chine ont progressé en avril à leur rythme le plus faible depuis près de deux ans (+3,9 %), avec le confinement de Shanghai qui pénalise lourdement l'activité économique. "Il y a des inquiétudes sur l'accélération du ralentissement chinois", résume Jeffrey Halley, analyste d'Oanda.

Les restrictions s'étendent dans le pays: des millions de Pékinois travaillent à domicile lundi à la suite d'un nouveau tour de vis des mesures anti-Covid, donnant à la capitale chinoise de 22 millions d'habitants des allures de ville fantôme.

Par ailleurs, "la réunion du G7 du week-end pourrait également assombrir l'ambiance", poursuit M. Halley. Dimanche, les pays du G7 ont accusé Vladimir Poutine de couvrir la Russie "de honte" avec l'invasion de l'Ukraine et ont pris l'engagement de se sevrer du pétrole russe, mais sans donner de calendrier précis.

Lundi, la Russie commémore sa victoire sur l'Allemagne nazie, le président russe Vladimir Poutine ayant multiplié dimanche les comparaisons entre la Seconde Guerre mondiale et le conflit en Ukraine qui ne cesse d'assombrir les perspectives mondiales sur le plan économique.

Sur le marché obligataire, le rendement des emprunts d'Etat américains à 10 ans restait haut, à 3,14 %, non loin des 3,26 % qui constituent le plus haut niveau de ces 11 dernières années.

Les taux en Europe à même échéance montaient aussi, notamment celui de l'Italie, à 3,188 %, qui s'éloignait un peu plus du taux allemand de référence 1,131 %.

Sidérurgistes laminés

JFE Holdings, l'un des principaux producteurs japonais d'acier, a vu la valeur de son action fondre de 7,08 %. Lors de la publication de ses résultats annuels vendredi, le groupe n'a pas livré de prévisions pour son nouvel exercice à cause des incertitudes liées à la guerre russo-ukrainienne, aux confinements en Chine et à l'inflation.

Cela a aussi plombé les titres des autres grands aciéristes japonais Nippon Steel (-5,1 %) et Kobe Steel (-3,27 %).

En Europe, ArcelorMittal reculait de 3,08 %, pire performance de l'indice parisien CAC 40, et à Londres, Rio Tinto (-1,82 %) et Anglo American (-2,19 %) étaient aussi en bas de l'indice.

Sur le marchés du pétrole et des devises

Le pétrole s'effritait un peu mais le cours du Brent se maintenait au-dessus des 110 dollars comme depuis quatre séances, une première depuis mars.

Le baril de Brent reculait de 0,90 % à 111,50 dollars, celui du WTI de 0,79 % à 108,77 dollars vers 07H00 GMT. Le dollar restait fort: l'euro reculait de 0,39 % face au billet vert, à 1,0510 dollars vers 07H10 GMT.

Le bitcoin poursuivait sa correction: il reculait de 1,50 % à 33.730 dollars, une chute de plus de 12 % en sept jours.