L'œil du marché : "Les investisseurs sont actuellement indifférents aux bonnes nouvelles"

Les marchés mondiaux encaissaient difficilement mardi leurs lourdes pertes de la veille tant la conjoncture économique mondiale paraît peu attractive pour les investisseurs.

La Libre Eco avec AFP
L'œil du marché : "Les investisseurs sont actuellement indifférents aux bonnes nouvelles"
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L'Europe réussissait un rebond dans les premiers échanges, loin de compenser le recul de la veille: la Bourse de Paris prenait 1,10 %, la Bourse de Londres 0,90 %, la Bourse de Francfort 1,30 % et Milan 1,25 % vers 07H20 GMT. Le Bel 20 de la Bourse de Bruxelles en revanche, perdait 0,47 % à 3 865.42 points vers 9H40 (7H40 GMT).

Lundi, Wall Street a encore dévissé avec des pertes de près de 2 % pour le Dow Jones et de 4,3 % pour le Nasdaq.

L'Asie a subi les dernières répliques de cette tendance en début de séance mais a comblé quelques pertes ensuite: la Bourse de Tokyo a finalement perdu 0,58 % tandis que celle de Hong Kong se repliait de 1,93% dans les derniers échanges. En revanche, Shanghai prenait 1,06 %.

Mais, avec le retour de la volatilité à un niveau élevé sur les marchés depuis une semaine, la tendance reste fragile. Les prix du pétrole continuaient leur recul et les taux restaient à un haut niveau sur le marché obligataire.

"Les investisseurs sont actuellement indifférents aux bonnes nouvelles", comme des résultats d'entreprises au premier trimestre, "et ne voient qu'une option sur les marchés: la vente", résume John Plassard, spécialiste de l'investissement chez Mirabaud.

Car les oiseaux de mauvais augure ne manquent pas.

Inquiets de la guerre en Ukraine depuis plusieurs mois, "les investisseurs espéraient que l'économie chinoise serait capable de prendre le relais sur la croissance mondiale. Lundi, on s'est finalement rendu compte qu'il était peu probable que cela se produise", commente Michael Hewson de CMC Markets.

Les confinements en Chine pour lutter contre la propagation du Covid-19 - les autorités s'en tenant à leur politique zéro Covid - paralysent une grande partie de l'économie du pays et les exportations ont progressé à leur rythme le plus lent depuis deux ans en avril.

L'indice de l'inflation CPI aux États-Unis est attendu mercredi, avec anxiété par les investisseurs qui espèrent entrevoir enfin le pic de l'accélération des prix après une hausse de 8,5 % sur un an en mars.

Ils redoutent aussi que les mesures mises en place progressivement par les banques centrales pour juguler la hausse des prix, comme le relèvement de leur taux directeur, soient trop dures pour l'activité économique.

Bayer profite de la hausse des prix

Le bénéfice net du géant allemand de la chimie Bayer (+0,85 %) a bondi au premier trimestre de 58 %, à 3,3 milliards d'euros, grâce aux hausses de prix et effets de change et à un coût juridique en baisse lié au glyphosate.

Swedish Match proche d'être racheté

Philip Morris International (PMI), qui cherche à se développer en dehors des cigarettes, négocie actuellement le rachat du groupe suédois Swedish Match, spécialiste du tabac et de la nicotine en poche à placer sous la lèvre, ont indiqué lundi les deux groupes.

Swedish Match prenait 25 % à l'ouverture à Stockholm. A Londres, un des concurrents de Philip Morris, Imperial Brand, prenait 2,84 %.

Du côté du pétrole et des devises

Les prix du pétrole continuaient de baisser après avoir piqué du nez lundi notamment sous l'effet de l'ascension du dollar et des craintes de récession liées à la Chine.

Le cours du baril de WTI américain cédait 0,50 % à 102,57 dollars et celui du baril de Brent de la mer du Nord perdait 0,49 % à 105,40 dollars vers 07H00 GMT. L'euro était stable face au billet vert, à 1,0561 dollars.

Après avoir encore une fois brièvement franchi à la baisse le seuil des 30.000 dollars dans la nuit, le bitcoin remontait de 3,13 % à 31.920 dollars.

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