Wall Street ouvre en repli après sa première semaine de rebond en deux mois

La place new-yorkaise ouvrait en baisse, alors que les inquiétudes sur l'inflation reprenaient le devant de la scène.

La Libre Eco avec AFP
Wall Street ouvre en repli après sa première semaine de rebond en deux mois
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La Bourse de New York perdait, à vive allure mardi, l'élan gagné la semaine dernière avec sa première hausse hebdomadaire depuis deux mois, alors que les inquiétudes sur l'inflation revenaient sur le devant de la scène.

Vers 14H00 GMT, l'indice Dow Jones lâchait 1,14 %, le Nasdaq 1,28 %, et le S&P 500 1,15 % à l'ouverture, après le long week-end férié du Memorial Day.

Les prix du pétrole grimpaient à leur plus haut niveau en plus de deux mois, et les rendements obligataires à dix ans se tendaient à 2,86 % contre 2,73 % à la dernière clôture.

Vendredi, les indices avaient engrangé leur première progression hebdomadaire en près de deux mois, l'indice Dow Jones ayant avancé, sur la séance, de 1,76 % à 33.212,96 points. Le Nasdaq, à forte teneur technologique, avait bondi de 3,33 % à 12.131.13 points et le S&P 500 de 2,47 % à 4.158,24 points.

L'humeur de mardi reflétait de nouvelles inquiétudes autour de l'inflation, alors que la hausse des prix en Europe a grimpé à un niveau record en mai (+8,1 %), selon Eurostat.

Côté pétrole, les cours du Brent (variété européenne de référence) caracolaient au-dessus de 124 dollars le baril, à un niveau plus vu depuis début mars, enflammés par l'annonce d'un embargo sur l'essentiel du pétrole russe par l'Union européenne, après des semaines de négociations.

"L'UE s'est mise d'accord pour interdire l'essentiel des importations de pétrole russe, bien que les expéditions par pipeline soient toujours autorisées et que la Hongrie ait une dérogation", a résumé Chris Low, économiste en chef pour FHN."C'est un plus petit pas que ce que l'on attendait (...) mais c'est suffisant pour porter le brut à un sommet", a-t-il ajouté.

Les prix des carburants étaient aussi dopés par la nouvelle, favorable à la demande, selon laquelle Shanghai a annoncé un nouvelle assouplissement des restrictions sanitaires, un pas supplémentaire vers une levée du confinement contre le Covid-19 en cours depuis deux mois. La semaine promettait aussi d'être riche en informations économiques avec en perspective, vendredi aux Etats-Unis, les chiffres des créations d'emplois, du chômage et de l'évolution du salaire horaire pour mai.

La moindre communication de la Réserve fédérale (Fed) va être guettée alors qu'une réunion de son Comité monétaire (FOMC) et une très probable nouvelle hausse des taux d'un demi-point de pourcentage est prévue dans deux semaines.

Rencontre Biden-Powell

En début d'après-midi mardi, le président Joe Biden va rencontrer le patron de la Fed, Jerome Powell, dans le bureau ovale "pour discuter de l'état de l'économie américaine et mondiale et de la principale priorité économique du président: lutter contre l'inflation", a indiqué la Maison Blanche. La secrétaire au Trésor Janet Yellen participera à cette réunion.

Alors qu'on entame la dernière semaine où les dirigeants de la Fed peuvent exprimer leur opinion avant la réunion du FOMC, le gouverneur Chris Waller a appelé à plusieurs hausses de taux d'un demi-point de pourcentage.

"Cela suggère qu'il est favorable à une poursuite des relèvements de 50 points de base jusqu'en septembre", alors que les marchés en majorité misent pour l'instant sur des hausses de cette ampleur en juin et juillet seulement, a souligné Patrick O'Hare de Briefing. "Ce point de vue a agi comme un vent contraire en début de séance et a invité à vendre des bons du Trésor", dont le taux grimpe à l'inverse du prix, a-t-il indiqué.

Pour les analystes de Schwab, "la volatilité du marché semble se poursuivre après avoir fait une petite pause la semaine dernière, l'inflation ayant poussé la Fed à relever ses taux, ce qui nourrit les inquiétudes concernant un ralentissement de l'économie et une éventuelle récession".

Les indices boursiers new-yorkais avaient gagné plus de 6 % la semaine dernière, affichant un rebond longtemps attendu après le pire début d'année depuis 1970. Par rapport à janvier où ils naviguaient à des records historiques, l'indice Dow Jones reste en retrait de 8,60 %, le Nasdaq a fondu de 22 % et le S&P 500 a chuté de plus de 12 %.

Plusieurs entreprises devaient annoncer leurs résultats trimestriels après la cloche de clôture mardi. Parmi celles-ci, la plateformes de gestion des relations clients Salesforce (-2,25 % à l'ouverture), le fabricant d'ordinateurs et d'imprimantes HP (-0,36 %) et le détaillant Victoria's Secret (-1,32 %). Le fabricant de puces Qualcomm perdait 1,18 % à 138 dollars, alors qu'il est intéressé par une participation dans le groupe de semi-conducteurs Arm à l'occasion de l'introduction en Bourse du fabricant britannique racheté par Softbank en 2016.