L’œil du marché : "La hausse de l'inflation va contraindre la BCE à procéder à un premier relèvement de taux au cours de l'été"

Les marchés européens continuaient de se replier, prêts à suivre attentivement une réunion de la Banque centrale européenne (BCE) dans un environnement plombé par les craintes concernant la trajectoire de l'inflation et ses conséquences sur l'économie mondiale.

La Libre Eco avec AFP

À 9H20 (8H20 GMT), la Bourse de Bruxelles avait son indice Bel 20 dans le rouge, en baisse de 0,59 %, à 3 878,07 points.

Le DAX à la Bourse de Francfort chutait de 0,61 % à 14 357,89 points, alors que la Bourse de Londres voyait son indice FTSE-100 diminuer de 0,42 %, à 7 560,83 points.

De son côté, la Bourse de Paris reculait : vers 10H30, l'indice vedette CAC 40 cédait 0,66 % à 6 406,18 points après deux séances consécutives dans le rouge.

"La hausse de l'inflation va contraindre la BCE à procéder à un premier relèvement de taux au cours de l'été", indiquent les experts de Swiss Life Asset Managers.

La réunion du Conseil des gouverneurs, délocalisée à Amsterdam, doit marquer un tournant historique après des années de politique d'argent pas cher et abondant.

Le communiqué de presse de la BCE sera publié à 13H45 et la conférence de presse de sa présidente, Christine Lagarde, commencera à 14H30. L'institution devrait confirmer jeudi l'arrêt des rachats nets de dette sur le marché à partir de début juillet. Les investisseurs espèrent aussi obtenir un calendrier des hausses de taux, un premier relèvement étant attendu pour la réunion du 21 juillet. Ils espèrent enfin connaître l'ampleur de cette hausse.

Sa mission est délicate car elle doit veiller à ce que les Etats européens n'empruntent pas à des niveaux trop écartés pour ne pas créer de fragmentation sur le marché de la dette souveraine en zone euro. Les investisseurs seront "particulièrement attentifs cet après-midi à toute référence à un outil de gestion de l'écartement des 'spreads' (NDLR: écarts entre les taux d'emprunt de divers pays en zone euro et ceux considérés comme "sûrs" comme l'emprunt allemand Bund à 10 ans)", indique Christopher Dembik, directeur de la recherche macroéconomie chez Saxo Bank. Cet outil est selon lui "indispensable à la fois si la BCE souhaite être plus agressive à l'avenir concernant la hausse des taux, mais aussi pour éviter toute fragmentation financière entre les pays membres de la zone euro".

L'institut de Francfort ne s'est jusqu'ici pas précipité pour durcir ses conditions monétaires et privilégie une approche progressive. D'autres banques centrales confrontées à une forte inflation, la Fed américaine et la Banque d'Angleterre, ont déjà engagé leur cycle de hausse des taux. Pour contrôler la progression des prix, les banques centrales durcissent les conditions monétaires afin de freiner la demande en renchérissant le coût du crédit.

Mais les acteurs de marché répètent que sans compromis permettant de mettre fin à la guerre en Ukraine, l'inflation ne pourra ralentir durablement.

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