La BCE veut éviter une fragmentation de la dette souveraine et appliquera "une certaine flexibilité"

La BCE avait annoncé ce matin une réunion extraordinaire, sans en préciser le contenu.

La Libre Eco avec AFP
La BCE veut éviter une fragmentation de la dette souveraine et appliquera "une certaine flexibilité"
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La Banque centrale européenne (BCE) a promis mercredi de faire preuve de "flexibilité" dans sa politique monétaire pour calmer les tensions récemment apparues sur les taux d'emprunt de l'Italie en particulier, alors que la pandémie a "laissé des vulnérabilités durables" dans la zone euro.

L'institution "appliquera une certaine flexibilité dans le réinvestissement" des obligations détenues au titre de son programme d'urgence lancé pendant la pandémie (PEPP), a-t-elle annoncé à l'issue d'une réunion exceptionnelle de son Conseil des gouverneurs. La BCE a par ailleurs chargé ses équipes "d'accélérer" la conception d'un nouvel instrument "anti-fragmentation" pour lutter contre un écartement trop important des taux entre pays du Nord et pays du Sud de la zone euro.

Ces annonces ont été jugées "quelque peu décevantes" par l'analyste de Markets.com Neil Wilson. Ce n'est pas "décisif et ne nécessitait pas une réunion en tant que telle", estime-t-il..

Peu de concret mais de quoi rassurer

Même si cette réunion n'a pas amené plus d'éléments concrets, le simple fait que la BCE travaille sur le sujet semblait réjouir les marchés mercredi. Les taux obligataires européens se détendaient fortement, d'environ 20 points de base par rapport à la clôture de la veille, et même de plus de 40 points de base pour le rendement italien.

La BCE a dit "ce que les marchés avaient besoin d'entendre, enfin !", a tweeté Frederik Ducrozet, chef économiste chez Pictet Weath Management.

Parallèlement, le marché attend également les annonces de durcissement monétaire de la Réserve fédérale (Fed) dans la soirée, rendez-vous majeur de la semaine.

L'option d'un relèvement de 50 points de base n'a pas complètement disparu des radars mais l'hypothèse d'une hausse de 75 points de base, voire de 100 points, a enflé ces derniers jours après la publication d'une accélération de la hausse des prix à la consommation aux Etats-Unis en mai.

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