L’œil du marché : les Bourses plombées par la crainte que "la hausse des taux finisse par entraîner une récession"

Les Bourses européennes ouvrent en nette baisse, pour une séance qui sera de nouveau marqué par les craintes sur la situation macroéconomique avec notamment un indicateur crucial sur l'inflation aux États-Unis.

La Libre Eco avec AFP
L’œil du marché : les Bourses plombées par la crainte que "la hausse des taux finisse par entraîner une récession"
©Shutterstock

Les Bourses européennes étaient en baisse, digérant avec difficulté une salve d'indicateurs dans les grandes économies mondiales confirmant une fois de plus la pression de l'inflation et du ralentissement économique.

À 9H20 (8H20 GMT), la

Bourse de Bruxelles

avait son indice Bel 20 qui plongeait de 1,02 %, à 3 688,33 points.

La Bourse de Francfort affichait son DAX diminuer de 1,90 %, à 12 756,68 points alors que la Bourse de Londres voyait son FTSE-100 baisser de 1,51 %, à 7 201,79 points.

De son côté, la Bourse de Paris reculait lourdement de 2,02 % dans les premiers échanges jeudi, digérant mal de nombreux indicateurs économiques, dont les chiffres de l'inflation en France, plus mauvais qu'attendu. L'indice vedette CAC 40 cédait 122,03 points à 5 909,45 points peu avant 09H45. La veille il avait déjà reculé de 0,90 %.

La dernière séance du trimestre, qui s'annonce nettement rouge pour presque tous les indices mondiaux, est chargée avec de nombreux indicateurs qui confirment à la fois le ralentissement de l'activité économique et les tensions inflationnistes.

La piètre performance des indices entre avril et juin "s'explique en grande partie par la crainte des investisseurs que les hausses de taux en cours" par les banques centrales pour lutter contre l'inflation "ne finissent par entraîner une récession", estiment les économistes de la Deutsche Bank.

Par exemple, la production industrielle au Japon a chuté de 7,2 % en mai sur un mois selon des données préliminaires, son plus fort recul depuis deux ans sur fond d'importantes perturbations des chaînes d'approvisionnement aggravées par les confinements en Chine.

Petite satisfaction toutefois, l'activité manufacturière ainsi que celle dans les services en Chine ont rebondi en juin, une première depuis février dans les services, grâce à l'assouplissement des restrictions anti-Covid, notamment à Shanghai et dans sa région.

Dans les économies occidentales, c'est l'inflation qui focalise l'attention des marchés. En France, par exemple, les prix ont accéléré leur hausse, à 5,8 % sur un an en juin, contre 5,2 % en mai.

Les investisseurs attendent désormais la publication par le département américain du commerce des dépenses de consommation pour mai, un poste vital pour l'économie américaine, d'autant plus que deux indicateurs de la confiance des consommateurs ont beaucoup inquiété les investisseurs ces derniers jours.

Mais ils seront encore plus attentifs à l'indice PCE des prix à la consommation, le baromètre favori de la banque centrale américaine (Fed) pour mesurer l'inflation. Mercredi, le président de la Fed Jerome Powell a répété sa conviction que l'économie américaine est en "bonne forme" et devrait encaisser le virage monétaire sans verser dans la récession, ce dont doutent de nombreux analystes. "C'est notre objectif et nous pensons qu'il existe des moyens d'y parvenir", a dit M. Powell qui a également reconnu au cours d'un séminaire de la Banque centrale européenne que "nous comprenons mieux maintenant à quel point nous comprenons peu" l'inflation.