Les marchés boursiers dans le rouge, pire début d'année en 52 ans pour Wall Street

Les Bourses mondiales ont conclu dans le rouge jeudi, Wall Street accusant son pire semestre depuis 1970, alors que les craintes de récession augmentent après des signes d'un ralentissement de la consommation aux États-Unis.

AFP
Les marchés boursiers dans le rouge, pire début d'année en 52 ans pour Wall Street
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À la Bourse de New York, le Dow Jones a cédé 0,82%, le Nasdaq 1,33% et le S&P 500 0,88%.

Depuis le début de l'année, l'indice des valeurs vedette est en repli de 15,31%, le Nasdaq a fondu de 29,51%, accusant son pire début d'année de son histoire. Quant au S&P 500, il s'est installé en "bear market" ou marché baissier en chute de 20,52%.

Cette triste performance "s'explique en grande partie par la crainte des investisseurs que les hausses de taux en cours" effectuées par les banques centrales pour lutter contre l'inflation "ne finissent par entraîner une récession", estiment les économistes de la Deutsche Bank.

Les indices européens ont aussi terminé en fort repli, après avoir frôlé la barre de -3% à mi-séance : Paris a perdu 1,80%, Londres 1,96%, Francfort 1,69% et Milan 2,47%. Les inquiétudes concernant les livraisons de gaz russe s'ajoutaient au reste des craintes des investisseurs.

En juin, les Bourses européennes ont enregistré leur pire performance mensuelle depuis mars 2020, début de la crise du Covid-19, perdant entre 5,76% à Londres et 11,15% à Francfort.

Bilan du deuxième trimestre : Francfort et Paris ont reculé de 11%, quand Londres n'a perdu que 4,60%.

Le scénario d'une récession économique a été renforcé par les dernières statistiques publiées.

En mai, les dépenses des ménages américains n'ont augmenté que de 0,2% contre 0,6% en avril. Mais en termes réels, tenant compte de l'inflation, la consommation, qui est la locomotive de l'économie américaine, a reculé de 0,4% en mai, ce qui préjuge mal de la croissance au deuxième trimestre, ont souligné les analystes de Capital Economics.

Et l'indice PCE, qui mesure l'inflation américaine et est privilégié par la Réserve fédérale, s'est maintenu à un niveau élevé en mai, à 6,3% sur an. Sur le mois, l'inflation a atteint de 0,6%.

Selon Rubeela Farooqi, économiste en chef chez High Frequency Economics, "l'affaiblissement du PCE corrigé de l'inflation en mai est un signal d'avertissement quant à la trajectoire de croissance à venir".

D'un autre côté, ces chiffres laissent penser que les Banques centrales pourrait alléger le resserrement monétaire prévu.

"Une combinaison de gains salariaux plus lents, d'une inflation des marges plus faible et d'un dollar plus fort commence à entraîner un net ralentissement de l'inflation sous-jacente", a estimé Ian Shepherdson, chef économiste de Pantheon Macroeconomics même s'il "reste encore beaucoup à faire".

Les taux d'intérêt souverains repartaient nettement à la baisse, notamment en Europe. L'intérêt de l'emprunt allemand à 10 ans reculait fortement, s'établissant à 1,35%, contre 1,62% mardi à la clôture.

Uniper en appelle à l'État allemand

L'énergéticien allemand Uniper a sombré de 14,86% après avoir suspendu ses prévisions de résultats pour l'année, invoquant les tensions sur le gaz et notamment la baisse des volumes envoyés en Allemagne par Gazprom.

L'économie allemande "est en train de basculer en mode d'urgence" face au risque de manque de gaz pour son industrie, note Jochen Stanzl, analyste chez CMC Markets.

D'autres énergéticiens, comme E.ON (-4,35%), ou Engie (-3,72%) ont aussi reculé nettement.

Du côté du pétrole et des devises

Les cours du pétrole ont terminé en baisse, signant leur premier repli mensuel depuis novembre, sur un marché de plus en plus préoccupé par la santé détériorée de l'économie, illustrée par un nouvel indicateur américain.

Le Brent de la mer du Nord pour livraison en août a abandonné 1,27%, pour clôturer à 114,81 dollars. Sur le mois de juin, il a perdu 6,5%.

Quant au baril de West Texas Intermediate (WTI) américain, également avec échéance en août, il a lâché 3,66%, à 105,76 dollars. Il a fini le mois en recul de 7,7%.

L'euro montait de 0,37% à 1,0474 dollar vers 20H00 GMT.

Autre signes d'aversion au risque des investisseurs, le bitcoin chutait sous les 19.000 dollars pour la première fois depuis dix jours.

"Il y a encore beaucoup d'argent investi dans les cryptomonnaies et ce marché ne va pas bien", a relevé Tom Cahill, de Ventura Wealth Management. "Cela pèse sur le moral des investisseurs, surtout les plus jeunes. Cela les inquiète pour leurs autres investissements et leur pouvoir d'achat."