L’œil du marché : "Le marché obligataire considère que la croissance va fortement se détériorer"

Les Bourses européennes ont entamé la première séance du second semestre dans le rouge, plombées comme depuis le début de l'année par les craintes de récession.

La Libre Eco avec AFP
L’œil du marché : "Le marché obligataire considère que la croissance va fortement se détériorer"
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À 9H20 (8H20 GMT), la Bourse de Bruxelles voyait son indice Bel 20 diminuer de 0,82 %, à 3 652,03 points.

Le DAX à la Bourse de Francfort cédait 1,17 %, à 12 634,22 points tandis que le FTSE-100 à la Bourse de Londres baissait de 0,78 %, à 7 113,64 points.

Par ailleurs, la Bourse de Paris était quasi stable en début de séance, après une ouverture en baisse. L'indice CAC 40 évoluait en légère baisse de 0,12% à 5.915,51 points à 10H00. Jeudi il a cédé 1,80 %, une dernière séance de baisse qui a clôturé un mois de juin en repli de plus de 8 %, le pire depuis mars 2020, et un premier semestre en chute de 17 %.

La Bourse de New York n'a pas fait mieux, les indices américains ont perdu entre 0,8 % et 1,3 % jeudi, et sur les six premiers mois de l'année les pertes sont catastrophiques. Pour le S&P 500 c'est le pire début d'année depuis 1970, avec une chute de plus de 20 %.

"La tendance récente est dominée par l'inquiétude croissante sur la possibilité d'une récession dans les trimestres à venir", explique Sebastian Paris Horvitz, directeur de la recherche de La Banque Postale AM.

Ces inquiétudes pèsent sur le prix des actifs jugés risqués, comme les actions du secteur technologique ou le bitcoin.

La volonté des banques centrales de lutter contre l'inflation galopante qui touche la plupart des économies a en effet provoqué des sueurs froides aux investisseurs.

Afin de calmer la surchauffe de l'économie, les institutions monétaires procèdent ou vont procéder à des hausses de leurs taux directeurs, ce qui aura pour effet de renchérir le coût du crédit à la fois pour les entreprises, mais aussi pour les ménages et les États.

"Les changements sur les anticipations concernant l'évolution des politiques monétaires ainsi que sur l'inflation ont été assez brutaux au cours de la période récente" et ont provoqué une forte volatilité des taux d'intérêt obligataires, rappelle Sebastian Paris Horvitz.

Actuellement le marché obligataire est "en train de considérer, d'une part, que la croissance va fortement se détériorer et, d'autre part, que ceci va contribuer à la baisse de l'inflation", ajoute-t-il.

Les dernières statistiques faisant état d'une hausse des prix toujours très élevée aux États-Unis et dans les pays européens et d'un début de ralentissement de l'activité économique vont dans le sens d'un scénario de récession, comme anticipé actuellement par les marchés.

Vendredi, les investisseurs prendront connaissance des chiffres de juin d'inflation en zone euro. Au rang des indicateurs d'activité économique, les indices PMI manufacturiers concernant les États-Unis et la zone euro seront publiés dans la journée.