"Le ralentissement de l'industrie mondiale amène les investisseurs à réexaminer leur point de vue" : répit sur les actions, tension sur les taux

Les investisseurs espèrent que le ralentissement de l'activité économique permettent aux banques centrales de moins se concentrer sur la lutte contre la hausse des prix pour adoucir le durcissement de leur politique monétaire en cours.

La Libre Eco avec AFP
La crainte de la récession faisait souffrir en Bourse les entreprises qui sont le plus dépendantes des cycles économiques.
La crainte de la récession faisait souffrir en Bourse les entreprises qui sont le plus dépendantes des cycles économiques. ©Shutterstock

Les Bourses européennes et asiatiques progressaient lundi, profitant de rachats à bon compte après un premier semestre catastrophique, tandis que les taux d'intérêt remontaient fortement, un nouvel épisode de la volatilité du marché obligataire.

Les places financières européennes évoluaient en hausse : Paris prenait 1,03%, Londres 1,09% et Francfort 0,41% vers 11H00 GMT.

Du côté de la Bourse de Bruxelles, treize éléments du Bel 20 étaient en hausse lundi vers onze heures alors qu'il conservait une avance de 0,5% à 3.726 points après avoir gagné 1% en début de journée. Aperam (26,12) freinait le BEL 20 en reculant de 1,5% en compagnie des immobilières où Aedifica (90,10) et Cofinimmo (102,90) abandonnaient également 1,6 et 1,9%.

En Asie, Tokyo a pris 0,84%. En Chine, Shanghai a aussi progressé de 0,53% mais Hong Kong a reculé de 0,13%.

Le tout s'effectuait dans des volumes d'échanges réduits, en raison de l'absence des investisseurs américains. Wall Street est en effet fermée lundi, jour férié en raison de la fête nationale américaine. Vendredi, les trois principaux indices avaient pris environ 1%.

Ralentissement économique

"La situation générale du marché reste inchangée, le ralentissement de l'industrie mondiale amenant les investisseurs à réexaminer leur point de vue" en tablant sur une récession dans plusieurs zones économiques, mais aussi à un ralentissement de l'inflation, selon Stephen Innes, gérant de Spi AM.

D'autant plus que "le prix des matières premières diminue, notamment le fer", note-t-il.

Les investisseurs espèrent que le ralentissement de l'activité économique et celui de l'inflation permettent aux banques centrales de moins se concentrer sur la lutte contre la hausse des prix pour adoucir le durcissement de leur politique monétaire en cours.

Le changement de politique a contribué à l'un des pires semestres de l'histoire des marchés, avec des reculs de 17% à Paris, et plus de 20% parfois à Wall Street.

En mai, les prix à la production en zone euro ont augmenté de 36,3% sur un an, une légère baisse par rapport à avril (37,2%).

Sur le marché obligataire, les taux d'intérêt pour les emprunts des États restaient volatils. Après leur nette décrue en fin de semaine dernière, ils repartaient à la hausse en Europe, notamment en Italie (+13 points de base à 3,20%) et en France (+10 points de base à 1,89%) pour l'échéance à 10 ans qui fait référence, vers 11H00 GMT.

Banque et consommation en baisse

La crainte de la récession faisait souffrir en Bourse les entreprises qui sont le plus dépendantes des cycles économiques.

C'est le cas de la consommation, avec Unibail-Rodamco-Westfield qui perdait 2,37%, JD Sports 2,55% ou encore des banques comme Sabadell à Madrid qui reculait de 2,63% et Banco BPM à Milan de 1,77%.

Les pétrolières en nette hausse

Les entreprises dans le secteur du pétrole guidaient la tendance : TotalEnergies prenait 3,35% à Paris, BP 3,81% à Londres, Galp 2,49% à Lisbonne, Repsol 2,73% à Madrid et Eni 2,81% à Milan. Equinor prenait aussi 3,80%.

Les prix du pétrole étaient stables, dans un contexte d'inquiétude quant au ralentissement de l'économie mondiale, même si les approvisionnements en or noir restent surveillés de près dans un marché tendu.

Vers 10H30 GMT, le baril de Brent de la mer du Nord, pour livraison en septembre, restait à 111,63 dollars.

Le baril de West Texas Intermediate (WTI) américain, pour livraison en août, s'effritait de 0,13% à 108,27 dollars.

Du côté des devises

L'euro prenait 0,38% à 1,0453 dollar vers 10H50 GMT.

Le bitcoin prenait de 0,18% à 19.450 dollars.