Les Bourses européennes creusent leurs pertes: le Bel 20 à -1%

Les Bourses occidentales montraient encore leur fragilité, le manque de confiance des investisseurs dans l'activité économique plombant les marchés et mettant sous forte pression l'euro, au plus bas depuis 20 ans face au dollar.

La Libre Eco avec AFP
Les Bourses européennes voient leur pertes s'amplifier.
Les Bourses européennes voient leur pertes s'amplifier. ©Shutterstock

Les Bourses européennes et l'euro étaient malmenés mardi, fragilisés par le manque de confiance des investisseurs envers l'économie du Vieux Continent et Wall Street a également ouvert en forte baisse au retour d'un week-end prolongé.

Après une ouverture en nette hausse, les places financières européennes ont basculé dans le rouge: Paris reculait de 2,66%, Londres de 2,18%, Francfort de 2,56% et Milan de 2,32% vers 13H10 GMT.

L'euro évoluait mardi à son plus bas niveau depuis près de 20 ans face au dollar américain, emporté par les tensions sur l'énergie en Europe et la force du billet vert. Il s'échangeait 1,0278 dollars vers 13H05 GMT, soit une baisse de 1,38% par rapport à la clôture de lundi.

A l'ouverture de Wall Street, le Dow Jones cédait 1,35%, le Nasdaq 1,47% et S&P 500 1,37%.

Chiffres inquiétants

La croissance de l'activité économique en zone euro a fortement ralenti en juin dans le secteur privé, au plus bas depuis 16 mois, selon l'indice PMI composite de S&P Global.

Une indication "que la croissance s'essouffle rapidement", selon Neil Wilson analyste de Markets.com. "La récession semble inévitable, bien qu'il y ait certains signes que l'inflation pourrait avoir atteint un pic en avril, selon ces chiffres", ajoute-t-il.

Les investisseurs se réfugient vers les actifs sûrs, telles que les obligations.

Sur le marché obligataire, les taux des emprunts des États en Europe, très volatils ces dernières semaines, tombaient après leur forte hausse lundi.

Le taux d'intérêt de la dette allemande à dix ans, qui fait référence en Europe, perdait 11 points de base et s'établissait à 1,22% vers 12H55 GMT.

A l'inverse, le bitcoin était délaissé et perdait 2,03% à 19.355 dollars.

En plus de la dette des Etats, la BCE fait face au double défi de maîtriser au plus vite la hausse des prix tout en ne portant pas un coup fatal à l'économie de la zone euro, déjà durement affectée par la guerre en Ukraine et ses conséquences sur les matières premières.

Le prix du TTF néerlandais, référence du gaz naturel en Europe, a atteint 176 euros le mégawattheure mardi, plus du double de son niveau début juin. Vers 13H00 GMT, il revenait à 167 euros (+3,61% par rapport à la clôture de lundi).

En Norvège, pays qui s'est engagé à augmenter durablement ses livraisons de gaz à l'UE en juin, une grève menace de réduire de près de 60% les exportations à partir de samedi.

"La banque centrale européenne (BCE) est encore si loin de son objectif et a maintenant un problème encore plus grand en termes de fragmentation", explique Neil Wilson.

La banque centrale d'Allemagne a exprimé des doutes lundi à l'égard du projet de la BCE visant à limiter les écarts entre taux d'emprunt des différents États de la zone euro et ainsi le risque d'une nouvelle crise de la dette.

Entrée en Bourse cacophonique pour Deezer

La plateforme française Deezer s'écroulait pour ses premiers pas à la Bourse de Paris, une deuxième mauvaise expérience après sa première tentative avortée en 2015.

Elle perdait près de 27% de sa valeur vers 13H15 GMT. Le titre subit un rattrapage violent de la chute des entreprises cotées en Bourse depuis plusieurs mois, comme son concurrent suédois Spotify, qui a perdu 60% depuis le début de l'année.

SAS veut se mettre en faillite aux États-Unis

La compagnie aérienne scandinave SAS, en difficulté financière, a annoncé mardi avoir demandé à se placer sous le régime des faillites aux États-Unis dans le cadre d'un plan d'économies en cours, au lendemain du début d'une grève illimitée de son principal syndicat de pilotes. Après une chute de 5% lundi, elle perdait encore 10,21%.

Du côté du pétrole

Le prix du baril de Brent pour livraison en septembre reculait de 2,37% à 110,28 dollars, tandis que celui de WTI américain à échéance août cédait 0,19% à 108,23 dollars vers 13H05 GMT.