L’œil du marché : "Les Banques centrales risquent toujours de maintenir une course au galop pour resserrer les conditions monétaires"

Les Bourses européennes ouvrent en nette baisse, craignant des tensions sur l'approvisionnement en gaz en Europe. De son côté, la Bourse de Hong Kong chute de plus de 3 %, inquiète de la situation sanitaire en Chine.

La Libre Eco avec AFP
L’œil du marché : "Les Banques centrales risquent toujours de maintenir une course au galop pour resserrer les conditions monétaires"
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Les Bourses européennes baissaient nettement à l'ouverture lundi, fragilisées par le regain des contaminations au Covid-19 dans plusieurs régions en Chine avec le risque de nouvelles restrictions sanitaires sévères.

Paris a ouvert en baisse de 1,81%, Francfort de 1,78% et Londres de 1,19%. Les trois indices avaient conclu la semaine précédente en hausse.

De son côté, à 9H20, la

Bourse de Bruxelles

avait son indice Bel 20 qui diminuait de 0,84 %, à 3 753,72 points. Plus tard dans la matinée, vers 11H00, l'indice se démarquait de ses voisins européens en repassant dans le vert (+0,4 %), à 3 800 points.

Par ailleurs, la Bourse de Hong Kong reculait lundi de plus de 3%, dans le sillage d'une tendance à la vente sur les marchés asiatiques, qui craignent un retour des confinements à Shanghai afin d'endiguer un rebond épidémique. L'indice Hang Seng cédait 3,06% vers 07H00 GMT à 21.060 points.

Shanghai a enregistré plus de 120 cas de Covid pendant le week-end, avec les premiers cas du variant Omicron BA.5 hautement contagieux. Une nouvelle campagne de dépistage massif a été lancée. La Chine restant attachée à sa stratégie "zéro-Covid", les marchés craignent que les autorités ne décident d'un nouveau confinement dans la capitale économique chinoise, alors que le précédent, d'une durée de deux mois, s'est achevé en juin. D'autres villes chinoises, dont Pékin, ont enregistré des cas de coronavirus.

Tension sur le marché du gaz

L'Europe est aussi fragilisée par la tension sur le marché du gaz. Le géant russe Gazprom entame dans la matinée des travaux de maintenance des deux gazoducs Nord Stream 1, qui acheminent une grande quantité de son gaz livré encore à l'Allemagne ainsi qu'à plusieurs autres pays de l'ouest de l'Europe, mais des observateurs redoutent que le gazoduc ne reste fermé bien plus longtemps que les 10 jours de travaux prévus.

Le gouvernement français a ainsi appelé dimanche à "se mettre rapidement en ordre de bataille" pour faire face à l'éventualité d'une coupure totale des approvisionnements en gaz russe, "option la plus probable" selon le ministre de l'Économie Bruno Le Maire.

Le prix du gaz naturel européen de référence, le TTF néerlandais, reculait de 5,26% à 166 euros le mégawattheure, pas de quoi compenser le bond de près de 15% la semaine dernière.

Enfin, les solides chiffres de l'emploi américain vendredi laissent penser aux investisseurs que "les Banques centrales, du moins la Fed, risquent toujours de maintenir une course au galop pour resserrer les conditions monétaires" par des hausses de taux, selon les analystes de la Banque Postale AM.