L'œil du marché : "Les prochaines semaines pourraient être difficiles pour l'Europe, l'incertitude maximale jusqu'en août"

Les places boursières reculaient mardi rongées par les inquiétudes causées par les difficultés énergétiques en Europe et un rebond épidémique en Chine, dans l'attente des chiffres de l'inflation américaine et de l'ouverture de la saison des résultats d'entreprises.

La Libre Eco avec AFP
L'œil du marché : "Les prochaines semaines pourraient être difficiles pour l'Europe, l'incertitude maximale jusqu'en août"
©Shutterstock

Les Bourses européennes ont ouvert en baisse. Vers 7H40 GMT, la Bourse de Francfort perdait 1,18 %, la Bourse de Paris 0,92 % et la Bourse de Londres 0,58 %. Vers 10H30 (8H30 GMT), le Bel 20 de la Bourse de Bruxelles perdait 0,96 % à 3 736.53 points.

En Asie, les places d'échanges étaient également en recul. Tokyo a fermé dans le rouge, l'indice Nikkei perdant 1,77 %. La bourse de Hong Kong perdait 1,15 % et Shanghai 0,97 %. Lundi, les indices américains ont reculé. Le Dow Jones a abandonné 0,52 %, l'indice Nasdaq, à forte coloration technologique, a lâché 2,26 %, et l'indice élargi S&P 500 a cédé 1,15 %.

"Les données de l'inflation américaine en milieu de semaine sont un point clé. Les investisseurs croisent les doigts pour des signes de décélération des prix", a avancé Craig Erlam, analyste chez Ouanda. Dans le cas contraire, ces résultats pourraient encourager la Réserve fédérale américaine (Fed), qui a déjà relevé trois fois ses taux cette année pour lutter contre l'inflation, à durcir encore sa politique.

Partout dans le monde, "les banques centrales ne sont cependant pas encore prêtes à lever le pied", ce qui alimente les inquiétudes des marchés quant à l'évolution de la croissance, qui pourrait être sapée par un resserrement dur."Nous assistons à un certain nettoyage avant la parution des chiffres de l'inflation, les investisseurs se préparant à une augmentation massive du taux américain en juin", observe de son côté Stephen Innes, analyste chez Spi AM.

Symptôme de ces tendances, le prix du pétrole est lui aussi à la baisse. Vers 7H40 GMT, le baril de Brent de la mer du Nord, pour livraison en septembre, perdait 2,22 % à 104,73 dollars quand son homologue européen, le baril de West Texas Intermdiate (WTI), à échéance août baissait de 2,56 % à 101,43 dollars.

Des travaux de maintenance menés par le géant russe Gazprom sont en cours dans les deux gazoducs Nord Stream 1 qui desservent l'Allemagne et d'autres pays de l'ouest du continent européen. Ils doivent être achevés le 21 juillet, permettant techniquement le retour de l'approvisionnement.

"Les prochaines semaines pourraient être difficiles pour l'Europe, l'incertitude pouvant être maximale jusqu'en août", estime Stephen Innes, selon qui en cas d'arrêt de livraison en gaz par la Russie, l'Allemagne pourrait être contrainte au "rationnement et à la fermeture de branches de la filière chimique ou d'autres secteurs de productions, jusqu'à amputer le PIB allemand de quelques points de pourcentage."

L'euro au plus prêt du billet vert

Les marchés ont les yeux rivés sur le seuil de la parité avec le dollar américain que chaque jour la monnaie unique semble plus proche de franchir.

Vers 7H30 GMT, l'euro baissait de 0,27 % à 1,0013 dollar. Le bitcoin perdait lui 3,71 % à 19.652 dollars.

Twitter dans la tornade

Le cours des actions de Twitter est tombé de 11,3 % après l'abandon par Elon Musk de son projet de racheter le réseau social pour 44 milliards de dollars, dénoncée par le réseau social comme "invalide et injustifié". Cette décision ouvre la voie à une bataille judiciaire.

Le calme avant la tempête pour BASF

Le géant de la chimie allemand BASF a fait état d'un bénéfice net au second trimestre dépassant les attentes grâce à des prix plus élevés, avant que la crise du gaz russe ne menace de pénaliser tout le secteur.

Ses résultats ne semblaient pas suffire à rassurer les marchés. Vers 7H30 GMT, le titre baissait de 1,90 %, cumulant 34,47 % de perte depuis le 1er janvier.

Pavillon rouge pour les enseignes Gap et Old Navy

La directrice générale des magasins de vêtements Gap et Old Navy, Sonia Syngal, a démissionné de ses fonctions alors que les ventes du groupe ont beaucoup ralenti en début d'année, selon un communiqué lundi.

Gap a perdu plus de la moitié de sa valeur depuis le 1er janvier (-50,37 %).