Wall Street en forte baisse, plombée dès l'ouverture par les indicateurs économiques

Entre des indicateurs économiques déprimants et des résultats d'entreprises sous les attentes, la Bourse de New York ouvraient une nouvelle fois en baisse.

La Libre Eco avec AFP
Wall Street en forte baisse, plombée dès l'ouverture par les indicateurs économiques
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La Bourse de New York a ouvert en baisse, contrariée par les résultats jugées décevants de deux grandes banques américaines, sur un marché qui se prépare à une nouvelle montée en régime de la banque centrale américaine (Fed) dans sa lutte contre l'inflation. Vers 14H05 GMT, le Dow Jones rendait 1,94 %, l'indice Nasdaq perdait 1,93 %, et l'indice élargi S&P 500, 1,95 %, ce dernier s'orientant vers une cinquième séance de baisse d'affilée.

Avant l'ouverture, les investisseurs ont reçu plusieurs mauvaises nouvelles, en premier lieu les publications trimestrielles des banques JPMorgan Chase (-4,60 %) et Morgan Stanley (-2,52 %). Les deux établissements ont chacun manqué assez nettement les prévisions des analystes, que ce soit pour le chiffre d'affaires ou le bénéfice net. En cause, le coup de frein sur la banque d'investissement, alors que 2021 avait été une année faste pour introductions en Bourse et fusions et acquisitions.

JPMorgan Chase a aussi vu son résultat affecté par l'augmentation des provisions pour créances douteuses, signe d'une légère détérioration de l'économie, alors que la banque avait, au contraire, libéré des réserves à la même époque l'an dernier.

"Il y a une forte possibilité de 'récession des résultats'", a estimé Adam Sarhan, de 50 Park Investments, "et cela pourrait faire baisser les cours" des actions. "Le ralentissement a débuté dans l'économie réelle, et maintenant, il se voit dans les résultats."

Des nouvelles peu réjouissantes se succèdent

Les indicateurs macroéconomiques du jour n'ont pas amélioré l'humeur de Wall Street. Les nouvelles inscriptions hebdomadaires au chômage ont de nouveau progressé, à 244 000, un chiffre supérieur aux attentes des économises. Quant à l'indice des prix à la production (PPI) pour juin, il est également ressorti au-dessus des prévisions, à 1,1 % sur un mois, contre 0,8 % attendu, ce qui indique, selon Mahir Rasheed, d'Oxford Economics, qu'il y a "plus d'inflation dans les tuyaux". L'indice PPI est, en effet, considéré comme indicateur avancé de l'orientation des prix à la consommation.

Mercredi, l'indice CPI des prix à la consommation pour juin s'était affiché à 9,1 %, bien supérieur aux 8,8 % annoncés par les économistes, au plus haut depuis novembre 1981. Les opérateurs, dont aucun n'envisageait ce scénario il y a une semaine, évaluent désormais à 83 % la probabilité que la Réserve fédérale remonte son taux directeur d'un point lors de sa prochaine réunion, les 26 et 27 juillet, ce qui serait une première depuis les années 80.

"La Fed fait tout ce qui est en son pouvoir pour ralentir l'économie" et juguler l'inflation, a expliqué Adam Sarhan.

"Les investisseurs sont maintenant convaincus que la messe est dite et que la mission, désormais, est de s'assurer que la récession sera modérée et brêve", a observé, dans une note, Craig Erlam, d'Oanda."Le sentiment est que la Fed va monter ses taux de façon agressive avant de revenir en arrière au milieu de l'année prochaine, pour stimuler l'économie et la sortir de la récession.Mais même cette idée paraît optimiste aujourd'hui."

Les valeurs de croissance à nouveau en recul

Après s'être détendus mercredi, les taux obligataires remontaient fortement. Le rendement de l'emprunt d'Etat américain à 10 ans ressortait à 2,99 %, contre 2,93 % la veille. Le taux à 2 ans s'envolait, lui, à 3,24 %, bien au-dessus du 10 ans. Ce différentiel positif entre les deux échéances, phénomène rare considéré comme annonciateur d'une récession, était au plus haut depuis 21 ans.

La perspective d'une Fed musclant encore sa politique monétaire et la remontée des taux obligataires ont propulsé le dollar bien au-dessus de l'euro, à une hauteur plus vue depuis près de 20 ans, jusqu'à 0,9952 dollar pour un euro.

Ce contexte était aussi défavorable aux valeurs technologiques et de croissance, comme Tesla (-2,39 %), Meta (-2,71 %) ou Cisco (-2,53 %).

Toutes les valeurs du Dow Jones se repliaient, emmenées par les bancaires, JPMorgan Chase (-4,60 %) et Goldman Sachs (-4,01 %).

Le secteur de l'énergie était aussi fui, faisant écho à la baisse des cours du pétrole, à l'instar de Chevron (-3,72 %), ExxonMobil (-4,63 %) ou Marathon Oil (-6,10 %).