Les cours de l'or et du cuivre dévissent à la Bourse des métaux de Londres

Le cuivre a chuté jusqu'à 6.955,00 dollars la tonne vendredi, passant sous le seuil des 7.000 dollars la tonne pour la première fois depuis novembre 2020.

La Libre Eco avec AFP
Les cours de l'or et du cuivre dévissent à la Bourse des métaux de Londres
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Les cours des métaux industriels dévissaient cette semaine sur la Bourse des métaux de Londres (LME), lestés par les craintes de récession mondiale, atteignant leurs niveaux les plus bas depuis le début de l'année, effaçant ainsi largement tous les gains générés par la guerre en Ukraine.

Le cuivre a chuté jusqu'à 6.955,00 dollars la tonne vendredi, passant sous le seuil des 7.000 dollars la tonne pour la première fois depuis novembre 2020.

Vendredi, l'aluminium a également atteint un plus bas depuis mai 2021 sur le LME, à 2.310,00 dollars la tonne.

Les prix des métaux de base sont désormais en baisse depuis le début de l'année. Le cuivre a dévissé de plus de 27 %, le zinc de 18 %, l'aluminium de 16 % et le nickel de 7 %."Cela s'explique par le fait que l'offre ne leur apporte pratiquement aucun soutien, contrairement à ce qui se passe sur le marché pétrolier", selon les analystes de Commerzbank dans une note, qui affirment qu'au contraire, "les marchés ont été presque partout largement approvisionnés ces derniers temps".

L'offre de cuivre a par exemple dépassé la demande d'environ 95.000 tonnes pour les quatre premiers mois de 2022, selon le dernier rapport du Groupe international d'étude du cuivre (ICSG).

Selon Commerzbank, le refroidissement de la demande dû au ralentissement économique devrait faire perdurer un excédent de l'offre. D'autant que le cuivre est connu pour refléter l'état de santé de l'économie mondiale - d'où son surnom de Docteur Cuivre (Dr Copper) - car il est fortement utilisé dans plusieurs industries, notamment pour la confection de circuits électriques.

En Chine, grand consommateur de métaux de base, la demande de cuivre a été "modérée", car les mesures sanitaires liées à un regain de l'épidémie de Covid-19 "ont nui à l'activité manufacturière et à la consommation", soulignent les analystes d'UBS. Une reprise de la demande de cuivre nécessiterait selon eux "une reprise l'activité économique de la Chine et que les États-Unis et l'Europe évitent une profonde récession".

Vers 14H30 GMT (16H30 à Paris) sur le LME, la tonne de cuivre pour livraison dans trois mois s'échangeait à 7.098,50 dollars vendredi contre 7.805,50 dollars vendredi à la clôture, sept jours plus tôt.

L'or en déroute

Le cours de l'or a fondu sur la semaine, atteignant jeudi un plus bas depuis près d'un an, plombé par la perspective d'un durcissement de la politique monétaire aux Etats-Unis.

Jeudi, le prix de l'or est brièvement passé sous 1.700 dollars, une première depuis août dernier.

"L'appétit pour l'or est coupé par un dollar qui s'apprécie et des paris ambitieux sur les hausses des taux de la Fed" (Réserve fédérale américaine), explique Lukman Otunuga, analyste chez FXTM.

L'invasion atteint des sommets aux Etats-Unis, mais loin de pousser les investisseurs vers les métaux précieux, considérés comme des valeurs refuges, ils privilégient le dollar et les obligations car la Fed a indiqué sa volonté de remonter ses taux.

Cela pèse sur le pouvoir d'achat des investisseurs utilisant d'autres devises.

"Il y a un effet saisonnier, même si ce n'est pas une très bonne raison pour investir: l'or est souvent plus faible l'été, et à cela s'ajoute les informations sur une nouvelle taxe d'importation en Inde", commente John Reade, responsable de la recherche marché du Conseil mondial de l'or (CMO).

L'Inde dispute à la Chine le titre de premier acheteur mondial d'or. Vers 14H30 GMT (16H30 à Paris), l'once d'or s'échangeait pour 1.704,68 dollars, contre 1.742,48 dollars sept jours plus tôt.

Le café broie du noir

Les cours du café étaient en baisse sur la semaine, principalement en raison de la détérioration de la situation économique mondiale et les niveaux d'inflation dans les pays consommateurs, menaçant la demande.

Le prix du café est tombé jeudi à un plus bas depuis 9 mois à New York, et à un plus bas depuis 11 mois vendredi à Londres.

L'inflation, qui atteint des niveaux records des États-Unis à l'Europe, érode le pouvoir d'achat des consommateurs, se répercutant directement sur la demande.

Le café n'a cependant essuyé que de "modestes pertes" selon les analystes de Rabobank, et ce "malgré les inquiétudes liées à la récession et les points d'interrogations qui entourent la demande", les problèmes concernant l'offre freinant la chute des prix.

Selon les analystes, la production colombienne a diminué de 10 % en juin, en raison des conditions météorologiques."Les stocks d'arabica certifié restent historiquement bas", soulignent les analystes de Rabobank, ajoutant que les exportations venant du Brésil devraient être lente jusqu'à août-septembre.

Sur l'ICE Futures US de New York vendredi, la livre d'arabica pour livraison en septembre valait 198,00 cents, contre 220,45 cents sept jours auparavant. Sur le Liffe de Londres, la tonne de robusta pour livraison en septembre valait 1.945 dollars vendredi, contre 1.981 dollars il y a une semaine à la clôture.