Scission de GSK : le titre Haleon hésite pour ses débuts en Bourse, se dirige-t-on vers un rachat ?

Le géant britannique GSK se scinde en deux et le nouveau titre, Haleon, fait ses débuts en Bourse.

GSK se sépare de son activité de soins grand public.
GSK se sépare de son activité de soins grand public. ©AFP

Lundi matin, la cloche sonne à la Bourse de Londres et les premiers échanges fusent. Parmi les titres les plus regardés du jour, nul doute, GSK et Haleon, le géant pharmaceutique et l’entité qui est née de sa scission, actée ce lundi.

Haleon a d’ailleurs démarré sur une chute de 5 % par rapport au prix d’introduction et atteignait 331,45 pence pour une capitalisation boursière de 30,5 milliards de livres sterling, avant de se stabiliser plus tard dans la journée. Le titre GSK chutait quant à lui de près de 19 %, sans surprise, puisqu’il est amputé de la valorisation de ce qu’était Haleon en son sein.

Le groupe a donc décidé de conserver la partie “vaccins et produits pharmaceutiques” d’une part et la partie “produits over the counter” (OTC, “par-dessus le comptoir”), soit tout ce qui est sans ordonnance, comme les dentifrices Sensodyne, les vitamines, le Voltaren, les produits Nicorette et autres compléments que l’on retrouve en parapharmacie, d’autre part.

“Cela fait des années que nous nous préparons à ce grand jour […]. Le nouveau GSK est une entreprise biopharmaceutique entièrement dédiée à la fabrication de vaccins innovants et des médicaments spécialisés pour prévenir et traiter les maladies, avec un objectif commun de devancer les maladies ensemble”, commente pour sa part le novuel administrateur délégué de GSK Belgique, Emmanuel Amory. “En Belgique, grâce au savoir-faire et l’expertise de nos collaborateurs, et à un écosystème très performant, nous continuerons à rechercher, développer et produire les vaccins, tout en renforçant notre compétitivité”, ajoute-t-il.

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Besoins d'agilité

La scission laissera l’actuelle CEO du groupe britannique, Emma Walmsley, à la tête de l’entité GSK, ce qui lui permettra de profiter d’un bilan “allégé”, plus solide et potentiellement plus d’agilité en vue de futures acquisitions ou rapprochements stratégiques, ce qui a peut-être manqué au groupe dans la course pour le vaccin contre le coronavirus. Une course où on l’attendait, en tant que spécialiste des vaccins, mais où on attend toujours de voir le dossard “GSK” sur la piste.

“GSK est un nœud gordien, en termes de structure de bilan et de financement pour l’avenir, et nous utiliserons la séparation comme un excellent catalyseur pour ouvrir un nouveau chapitre”, a-t-elle déclaré au Financial Times ce week-end, avant la cotation effective des deux titres en Bourse.

Bonne nouvelle pour les investisseurs

Pour Patrick Casselman, analyste chez BNP Paribas Fortis, la scission a comme principal intérêt le mérite de réévaluer la valeur de GSK et de ce qui est désormais Haleon.

“Quand on regarde GSK ces dernières années, on peut estimer qu’il y a une sous-évaluation du titre. Les marchés apprécient les sociétés focalisées sur certains secteurs”, avance-t-il. S’il se refuse de commenter l’évolution du titre Haleon en ce jour de lancement en Bourse, il précise que les deux capitalisations boursières valent déjà plus que l’entité GSK seule qui la précédait.

Est-ce que ce split pourrait laisser entrevoir le rachat de GSK ou de Haleon dans le futur, même si la direction ne lâche rien en ce sens pour le moment ? “Les probabilités sont désormais plus grandes, puisque les capitalisations boursières sont plus petites séparément”, ajoute l’analyste, sans affirmer que tel sera le cas.

Même son de cloche du côté syndical, Ludovic Calonne (Setca), qui avance une analyse similaire et laisse entendre que cette scission pourrait intéresser un repreneur et faire monter les spéculations, sur Haleon ou même sur GSK.

Si ce dernier se réjouit d’ailleurs des avancées positives du côté vaccins chez GSK, les cicatrices de la procédure Renault et du licenciement qui a suivi sont encore présentes. “Il faudra voir s’il y a des postes redondants dans la partie pharma”, signale-t-il.