Wall Street démarre proche de l'équilibre après la contraction du PIB américain

La Bourse de New York démarrait en modeste hausse jeudi, les investisseurs digérant l'annonce d'un nouveau trimestre en recul pour le PIB américain entre avril et juin.

La Libre Eco avec AFP
Wall Street démarre proche de l'équilibre après la contraction du PIB américain
©Shutterstock

La Bourse de New York s'orientait nettement dans le rouge après avoir hésité à l'ouverture jeudi, les investisseurs digérant l'annonce d'un nouveau trimestre en recul pour le PIB américain entre avril et juin.

Au lendemain d'une belle remontée des indices dans le sillage d'une hausse des taux de la Fed conforme aux prévisions, le Dow Jones lâchait 0,48%, le Nasdaq baissait de 0,83% et le S&P 500 de 0,55% à 16H00 GMT.

Mercredi le Dow Jones avait grimpé de 1,37% à 32.197,59 points, le Nasdaq, à forte coloration technologique, avait bondi de 4,06% à 12.032,42 points, affichant sa meilleure séance depuis avril 2020. Le S&P 500, le plus représentatif du marché américain, a chuté de 2,62% à 4.023,61 points.

"Les données macro-économiques jouent un rôle prédominant ce matin et elles ne sont pas bonnes", a résumé Patrick O'Hare, de Briefing.com.

Le Produit intérieur brut (PIB) des Etats-Unis s'est contracté de 0,9% en rythme annuel au deuxième trimestre, un chiffre pire que prévu (+0,3%) qui s'ajoute au recul de 1,6% déjà enregistré au premier trimestre.

Cette déception va rendre la tâche difficile à l'administration Biden qui assure que l'économie n'est pas en récession au regard d'indicateurs plus favorables, comme l'emploi. Une récession est communément définie comme deux trimestres de croissance négative consécutifs.

"Ce qu'il faut retenir de ce rapport c'est qu'il va susciter un débat sur la question de savoir si l'économie américaine est en récession", estimait Patrick O'Hare dans une note.

"Quoi qu'il en soit, cela montre clairement que l'environnement économique s'est sans aucun doute affaibli, ce qui ne devrait pas être une surprise totale à la lumière des récentes données", ajoutait-il alors que les prix flambent, que les ventes immobilières s'affaissent et que la confiance des consommateurs est en berne.

La veille, la banque centrale américaine (Fed) avait de nouveau intensément relevé ses taux directeurs de trois quarts de point de pourcentage pour les inscrire dans la fourchette de 2,25% à 2,50% dans son combat pour juguler une inflation qui caracole à 9,1%.

Le patron de la Fed, Jerome Powell, a assuré que l'économie américaine n'était pas en récession et qu'il voulait l'éviter même s'il a reconnu un ralentissement.

A la cote, Meta (Facebook) plongeait de 8,45% à 155 dollars après avoir accusé pour la première fois de son histoire une baisse de ses recettes, liée à la concurrence de TikTok et aux réductions de dépenses des annonceurs publicitaires.

Le groupe de Mark Zuckerberg a en outre essuyé une rebuffade de l'autorité américaine de la concurrence (FTC) qui l'empêche, pour des raisons de dominance du marché, de racheter un spécialiste de la réalité virtuelle, Within Unlimited.

Apple (-0,98%) et Amazon (-1,72%) étaient boudées avant la parution de leurs résultats trimestriels après la clôture.

La compagnie aérienne Spirit (+3,42%), finalement rachetée par Jetblue (-1,19%) pour 3,8 milliards de dollars, s'envolait tandis que Frontier (+9,10%), qui a jeté l'éponge, était recherchée.

Sur le marché obligataire, les taux sur les bons à dix ans chutaient à leur plus bas depuis presque 4 mois à 2,66% à dix ans contre 2,78%.