L'œil du marché : "Nous sommes dans une période où les investisseurs reprennent des risques"

Les marchés mondiaux poursuivaient leur hausse vendredi sous une nouvelle salve de résultats d'entreprise et d'indicateurs sur la santé de l'économie mondiale, au lendemain de l'annonce de la contraction du PIB américain.

La Libre Eco avec AFP
L'œil du marché : "Nous sommes dans une période où les investisseurs reprennent des risques"
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Les places financières européennes ont débuté la séance dans le vert. Vers 08H20 GMT, la Bourse de Paris prenait 1,59 %, la Bourse de Francfort 0,83 % et la Bourse de Londres 0,65 %. Milan grimpait de 1,39 %. Le Bel 20 de la Bourse de Bruxelles gagnait 1,09 % à 3 800.17 points.

En Asie, Tokyo a terminé proche de l'équilibre (-0,05 %), hésitant à suivre l'optimisme affiché la veille par Wall Street. En Chine, Shanghai a perdu 0,89 % et Hong Kong 2,37 %.

Wall Street avait progressé jeudi, estimant que le ralentissement de l'économie américaine serait modéré et surtout que la banque centrale américaine (Fed) ne serait pas trop sévère sur les taux d'intérêt. Le Dow Jones a gagné 1,03 %, le Nasdaq 1,08 % et l'indice élargi S&P 500 1,21 %.

"Nous sommes dans une période où les investisseurs reprennent des risques", rassurés par la Fed, avance Stephen Innes analyste chez SPI. "Le marché a été fortement à la baisse avant les résultats d'entreprise et il tend à présent à rattraper" le retard, encouragé par des annonces globalement moins mauvaises que prévues, estime-t-il.

En plus d'une pluie de résultats d'entreprise, la séance est également marquée vendredi en Europe par les chiffres de la croissance de la zone euro et, pour certains pays, de l'inflation et du chômage.

Si les nuages de la récession se sont provisoirement dissipés en France, avec une croissance de 0,5 % au printemps, l'inflation s'est accélérée en juillet pour atteindre 6,1 % sur un an. Le taux de chômage allemand a augmenté en juillet à 5,4 %, et le PIB est demeuré inchangé au deuxième trimestre. La veille, l'Allemagne avait annoncé une inflation en baisse en juillet, mais toujours élevée à 7,5 %.

L'Espagne a annoncé une inflation record depuis 38 ans, avec 10,8 % en juillet sur un an, alors que sa croissance a rebondi au deuxième trimestre à 1,1 %. Ces chiffres sont scrutés par les investisseurs, souligne Andreas Lipkow, analyste chez Comdirect. Maintenant qu'ils sont "largement sur la table", ces derniers vont surveiller "la poursuite de l'inflation et des développements économiques", estime-t-il.

Les hydrocarbures au vert...

Dans un secteur dopé par la flambée des cours du gaz et du pétrole attisée par la guerre en Ukraine, le géant italien des hydrocarbures ENI a multiplié son bénéfice net par 15 au deuxième trimestre, à 3,81 milliards d'euros. Le titre prenait 3,12 % vers 08H00 GMT à Milan.

Son compatriote Enel prenait, lui, 2,47 % après la signature d'un accord sur la cession de sa part de 99,09 % dans sa filiale chilienne de transport d'électricité. Dans les échanges entre séances, la compagnie pétrolière publique brésilienne Petrobras gagnait 6,80 %. Les prix du pétrole étaient à la hausse vendredi vers 08H00 GMT.

Le baril de Brent de la mer du Nord pour livraison en septembre avançait de 1,34 % à 108,58 dollars. Le baril de West Texas Intermediate (WTI) américain pour livraison le même mois prenait 1,76 %, à 98,14 dollars.

Les Banques assurent

Plusieurs groupes bancaires affichaient des hausses solides vendredi. La holding britannique de banque et assurance NatWest bondissait de 7,04 % vers 08H10 GMT après des résultats meilleurs que prévu. Plus tôt dans la séance, le titre est monté jusqu'à 9,5 %, son plus haut taux depuis 2020, a rapporté l'agence de presse spécialisée Bloomberg.

Le titre de Deutsche Bank grimpait de 2,66 % ? après une note de Goldman Sachs le recommandant à l'achat, et la banque espagnole BBVA prenait 3,77 %.

Ça sent bon pour le luxe

L'action d'Hermès grimpait de 6,73 % vers 08H00 GMT vendredi à la Bourse de Paris, après que le groupe de luxe a fait état d'un chiffre d'affaires supérieur aux attentes au deuxième trimestre. L'Oréal, fort d'un bénéfice net de 3,2 milliards d'euros, en hausse de 36,4 % sur un an, suivait à +3,38 %.