L'œil du marché : "Les investisseurs ont élargi leur appétit pour le risque"

Les marchés avançaient préservant leur optimisme lundi malgré de mauvais chiffres de l'économie chinoise et des commentaires de représentants de la Banque fédérale américaine (Fed) avant des indices sur la santé des économies européennes et américaine.

La Libre Eco avec AFP
L'œil du marché : "Les investisseurs ont élargi leur appétit pour le risque"
©Shutterstock

Les places européennes ont ouvert sans direction claire avant de progresser groupées autour de +0,40 %. Vers 07H40, la Bourse de Paris prenait 0,42 %, la Bourse de Francfort 0,39 %, Milan 0,38 % et la Bourse de Londres 0,33 %. Vers 10H20 (8H20 GMT), le Bel 20 de la Bourse de Bruxelles perdait 0,48 % à 3 778.79 points.

En Asie, Tokyo a terminé en hausse lundi (+0,69 %) suivant la tendance impulsée par Wall Street la semaine dernière et portée par des résultats d'entreprise nippones.

Dans les derniers échanges, Shanghai gagnait 0,21 % et Hong Kong 0,34 %.

Les indices de la place new yorkaise ont terminé en hausse la semaine dernière, de presque 7 % pour le Dow Jones, de plus de 12 % pour le Nasdaq et de plus de 9 % pour le S&P 500, affichant leur meilleur mois de l'année.

Les Bourses mondiales ont été portées par des résultats d'entreprise jugés meilleurs qu'attendus, et ont interprété avec optimisme des indicateurs en berne concernant la santé de l'économie américaine la semaine passée.

Stephen Innes, chez SPI Asset Management, souligne ce paradoxe: "alors que les craintes de ralentissement dominent et que la décélération des tendances inflationnistes suggérées par le marché semble de plus en plus optimiste, les investisseurs ont élargi leur appétit pour le risque."

Alors que la Chine a annoncé le tassement de son activité manufacturière en juillet, les mêmes indices d'activité (PMI) concernant la zone euro et les Etats-Unis sont attendus lundi. La croissance de la zone euro a atteint 0,7 % au deuxième trimestre, nettement mieux que prévu, même si l'inflation a battu un nouveau record en juillet, à 8,9 % sur un an.

"La tendance au ralentissement de l'économie mondiale a été bénéfique pour les marchés aux yeux desquels elle semble indiquer la possibilité d'une atténuation de la part des banques centrales de leurs politiques de hausse des taux directeurs", pour lutter contre l'inflation, décrypte Michael Hewson, analyste de CMC Markets.

Depuis, un des présidents de la Fed s'est néanmoins dit "surpris" par cette interprétation des marchés. L'inflation aux Etats-Unis a de nouveau accéléré en juin, après être restée stable en mai, selon l'indice PCE, l'un des indicateurs de l'inflation, celui privilégié par la Fed, publié vendredi par le département du Commerce.

Un autre indicateur, l'indice CPI, avait montré une hausse des prix de 9,1 % sur un an en juin.

Du côté du baril et des devises

La pandémie derrière elle, l'Opep+ se réunit mercredi pour poser les bases de sa nouvelle stratégie, avec une question centrale après la visite de Joe Biden à Jeddah: le cartel va-t-il faire plus pour calmer la flambée des prix du brut ? Le PIB de l'Arabie saoudite a augmenté de près de 12 % au deuxième trimestre 2022, grâce à la hausse des prix du pétrole.

Le baril de Brent de la mer du Nord pour livraison en octobre, dont c'est le premier jour de cotation, baissait de 5,94 % à 103,51 dollar. Le baril de West Texas Intermediate (WTI) américain pour livraison septembre baissait de 1,07 % à 97,55 dollars.

Lufthansa privé d'ailes

Les pilotes du premier groupe européen de transport aérien, Lufthansa, ont massivement approuvé la principe d'une grève pour soutenir des revendication salariales face à l'inflation, a annoncé dimanche leur syndicat. Lundi, le cours de la compagnie allemande baissait de 0,13 % vers 7H30 GMT.

Les banques résistent

Le groupe bancaire HSBC a annoncé lundi une hausse de 13,9 % sur un an de son bénéfice net part du groupe au 1er semestre 2022, malgré un recul de son bénéfice avant impôts, et a fait savoir qu'il comptait reprendre ses versements de dividendes trimestriels en 2023. Son cours connaissait une hausse solide vers 7H30 GMT de 6,23 %.

Côté italien, la banque Intesa Sanpaolo a vu son bénéfice net chuter de 22,1 % à 2,35 milliards d'euros au premier semestre, plombé par des dépréciations de créances dues à son exposition à la Russie et à l'Ukraine. Ce résultat, supérieur au consensus des analystes de Factset a été perçu positivement par les investisseurs alors que le cours prenait 1,77 %.

Côté devises et crypto

L'euro remontait doucement face au dollar, après être passé à deux reprises sous la barre de la parité en juillet.

Vers 7H40 GMT, l'euro prenait 0,18 % à 1,0238 dollar.

Le bitcoin baissait de 2,43 % à 23.230 dollars.